Accueil | Par Guillaume Liégard | 6 août 2013

L’Étrange capitulation de Laurent Mauduit

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« Ils tombèrent sans gloire. Le pis est
que leurs adversaires y furent pour
peu de chose. »
Cette phrase citée
en début d’introduction de L’Étrange
capitulation
de Laurent Mauduit n’a
pas été écrite, malgré les apparences,
pour l’actuel gouvernement socialiste.
Elle est issue de L’Étrange défaite du
grand historien Marc Bloch dont le
livre sert de fil conducteur. L’essai de
Laurent Mauduit, ancien directeur de la
rédaction du Monde et cofondateur de
Mediapart, est redoutable sur l’action
gouvernementale depuis l’élection de
François Hollande. À première vue, si
on attend bien quelques précisions
sur la politique menée, on se dit qu’il
n’y aura guère de révélations sur la
politique menée tant l’adhésion des
élites socialistes au social-libéralisme
est désormais bien connue. Et bien si,
car malgré les apparences, Hollande
est un sacré phénomène. En moins
d’un an, sa capacité à décevoir s’est
révélée alors même qu’il n’avait pas
suscité grand espoir. Il était certain
que le changement ce ne serait pas
maintenant, mais ce que relate Laurent
Mauduit est bien pire que cela.

Pour la première fois, un gouvernement
socialiste arrivé au pouvoir n’aura rien
tenté. Quoiqu’on puisse penser du
bilan des gouvernements de gauche
passés, ce ne fut pas le cas en 1936,
en 1981 et même 1997. « François
Hollande, lui, n’a pas cherché un seul
instant à modifier la politique de son
prédécesseur »
, affirme la quatrième de
couverture. La phrase pourrait paraître excessive aux yeux de beaucoup
d’électeurs de gauche, le livre démontre
le contraire.

De l’abandon de la réforme fiscale qui
pourtant figurait dans le programme
du Parti socialiste en passant par la
trahison de Florange, les différents
renoncements sont retracés, décryptés,
analysés. Le tableau d’ensemble est
saisissant. Et ce qui frappe, c’est
l’incroyable duperie de François
Hollande sur le « choc de compétitivité »
qui va aboutir à 20 milliards de
cadeaux au patronat, le tout payé
par une réduction des dépenses et
une augmentation des impôts. « En
cette année 2012, le gouvernement
socialiste décide de lui-même, dès le
lendemain de l’élection présidentielle,
qu’il va mettre en oeuvre la réforme
phare… du candidat qui vient d’être
battu. »
Cerise sur le gâteau, l’affaire est
rondement menée puisque ce sont les
mêmes conseillers qui s’activaient déjà
autour de Nicolas Sarkozy.

L’Étrange capitulation, Laurent Mauduit, éd. Jean-Claude Gawsewitch, avril 2013, 306 pages, 20,90€.

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Vos réactions

  • Dans le titre, ce serait bien de mettre une virgule après capitulation.

    Bonjour Le 7 août 2013 à 15:01
  •  
  • Un article particulièrement intéressant, je pense qu’il fallait capituler pour bâtir l’avenir, de mauvaise fondation conduise toujours à un sinistre !
    Pierre spécialiste de la dommage ouvrage ;-)

    Le 6 août 2014 à 14:33
  •  
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