Accueil | Par Catherine Tricot | 2 août 2013

La cour Visconti du Louvre : une mantille de verre pour les arts islamiques

Dix ans après la décision de Jacques Chirac, le mardi 18 octobre 2012 a été inauguré le département des Arts de l’Islam au Louvre. Œuvre des architectes Mario Bellini et Rudy Ricciotti, avec le concours du bureau technique Berim, le nouvel espace muséographiquee prend place dans les derniers m2 de libre (2500 !) dans la cour Visconti.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Ces grands travaux ne sont pas sans rappeler l’audacieuse pyramide qui fit polémique il y a quinze ans quand aujourd’hui la couverture de verre sera sans doute unanimement saluée.
On retrouve la même idée d’un creusement du sol et d’une couverture de verre pour apporter protection et lumière à de grands espaces d’accueil, et aujourd’hui d’exposition.
En commun aussi, le rapport entre la tradition néoclassique des façades du Louvre et une architecture contemporaine, discrète, de verre, peu expressive.
Les deux réalisations sont au fait de la technologie. La pyramide exploitait les dernières recherches et innovation pour pousser la transparence du verres et limiter les reflets.
Ricciotti travaille aussi la technologie pour donner légèreté et courbure à cette mantille de verre. La verrière est constituée de milliers d’éléments de verre qui ont chacun leur propre dessin : une telle réalisation n’est possible que par l’assistance de l’informatique aussi bien dans la phase conception que dans celle de la fabrication puis dans la mise en œuvre sur le chantier.
Au-delà de ces quelques similitudes, le référentiel esthétique est très différent. A la fin des années 80, le choix du prince éclairé s’était porté sur une architecture formellement extrêmement simple, un archétype même : une pyramide. Elle était assez cohérente avec les autres choix de Mitterrand : un cube à la défense, des piles pour la bibliothèque de France… Dans la cour Visconti, on s’écarte franchement des formes platoniciennes pour une architecture sophistiquée, précieuse voire maniériste même, aux formes évoquant la nature, ses arabesques et ses courbes. Le rationalisme de l’après-guerre s’éloigne définitivement.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?