Accueil > Société | Par Catherine Tricot | 17 septembre 2012

1 million de logements aux normes thermiques : tous en doudoune ?

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Débat - A l’occasion de la conférence environnementale, qui deviendrait annuelle, François Hollande a repris l’objectif qu’il énonçait dans sa campagne : la mise aux normes thermiques de 1 million de logements par an. L’annonce fut faite à l’occasion de ce qui apparait comme une « nouvelle frontière » proposée à la société toute entière.

Sur le logement, l’ambition est élevée. Le Grenelle de l’environnement avait prévu la mise aux normes de 400 000 logements par… c’est un peu moins de 100 000 logements anciens qui sont devenus conforme à la réglementation thermique. On se souvient que le gouvernement annonce vouloir la construction de 500 000 logements par an qui, eux, seront forcément aux règles énergétiques.
Restent donc à mettre aux normes 500 000 logements anciens.

Du coté des associations écologistes comme du coté du BTP, les réactions sont dubitatives : les moyens économiques et la formation de nouvelles forces humaines ne sont pas identifiées dans les propos présidentiel. Pour Benoît Hartmann, porte-parole de France nature environnement (FNE), il est « douteux qu’on arrive dès la première année aux chiffres avancés ». Le projet nécessiterait la création d’une filière spécifique dans le bâtiment, une filière d’éco-construction.

L’objectif de remédier aux passoirs énergétiques et à la précarité énergétique qui touche particulièrement les familles des logements anciens et sociaux, est suffisamment important pour que l’on pose quelques questions complémentaires…
La première touche encore aux moyens : cet objectif de mise aux normes de logements sera-t-il financé par les enveloppes allouées à la réhabilitation ? Ces moyens ont été considérablement réduits et pour l’essentiel ils subsistent dans le cadre des opérations de renouvellement urbain ( ANRU). Laissant de coté des centaines de milliers de logements. Maintenir le parc de logement social à un niveau de vie vivable ne saurait se réduire à la question énergétique. Il est heureux que le curseur des financements publics se déplace de l’exigence de vidéosurveillance vers l’économie d’énergie. Mais la modernisation des parties communes (halls, escaliers, espaces extérieurs), des équipements électriques et sanitaires,de l’isolation phonique… sont autant d’exigence qui ne disparaitront pas.

L’annonce gouvernementale a été faire lors du grand week-end du patrimoine. On peut croiser les deux événements et relever qu’à l’heure actuelle, la réhabilitation thermique des bâtiments consistent soient à réduire la taille des logements en augmentant à l’intérieur des appartements les épaisseurs d’isolant (solution rarement retenues) soit à enfiler une doudoune sur le bâtiment. Et comme chacun sait la doudoune efface quelque peu la finesse de la silhouette. Or l’architecture française ordinaire, celle qui concerne le logement, tient souvent à ces petits riens de modénature, de matériaux, de décors… qui disparaissent sous les 20 cm de laine de verre redoublé de plaques de couleurs accrochées sur des rails alu.

La recherche de nouveaux matériaux, de solutions alternatives à l’empâtement généralisé devrait aussi faire partie de la nouvelle frontière… s’il s’agit d’un projet de société, donc d’un projet culturel.

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