Accueil > Economie | Par Jean-Baptiste Ferrière | 11 juin 2008

ACDC dénonce les changements méthodologiques de l’Insee pour mesurer l’emploi

Lors d’une conférence de presse donnée à la Bourse du travail de Paris, le collectif ACDC (Les Autres Chiffres Du Chômage) a mis en lumière les manipulations des données sur l’emploi et le sous-emploi de l’Insee.

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C’est en septembre 2007 que l’Etat a décidé que les statistiques officielles du chômage seraient celles de l’Insee. L’Institut national de la statistique a alors choisi de cesser de publier des chiffres mensuels au sens du Bureau international du travail, pour ne publier que des statistique trimestrielles.

Des statistiques tirées de son enquête sur l’emploi dont le collectif ACDC dénonce un changement méthodologique, comme l’explique son membre fondateur et économiste Thomas Coutrot : « L’Insee ne considère pas comme chômeurs les personnes qui maintiennent leur inscription à l’ANPE sans apporter la preuve d’une démarche active de recherche d’emploi. Résultat : en excluant ces personnes, l’Insee a fait artificiellement baissé d’un point le taux de chômage ». Un taux situé aujourd’hui à 7,2 % de la population active grâce aux départs à la retraite des baby-boomers et à la création de 500 000 emplois.

Sous-emploi

Plus récemment, l’Insee a récidivé avec le sous-emploi. Comprendre le temps partiel subi. Le 5 juin dernier, l’Institut a publié les résultats de l’enquête emploi pour le premier trimestre 2008. Le taux de sous-emploi est passé de 5,6 % à 4,4 % entre fin 2007 et début 2008, soit une baisse de plus de 20 % : 300 000 personnes sont ainsi sorties du sous-emploi. Un pur artefact statistique.

Pour Pierre Concialdi, membre fondateur d’ACDC et économiste, cette baisse soudaine serait due à un simple changement de formulation dans le questionnaire de l’Insee : « Au lieu de demander aux salariés à temps partiel s’ils souhaitent travailler davantage, ce qui permet de délimiter la population en sous-emploi, l’Insee a posé une question plus restrictive en leur demandant s’ils auraient souhaité travailler davantage la semaine précédent l’enquête ». Autant dire que ces travailleurs à temps partiel ont eu le temps de s’organiser la semaine précédent l’enquête. Et d’ajouter : « Nous demandons à l’Insee de rétablir la question originale sur le sous-emploi de façon à permettre un suivi de cet indicateur dans le temps ».

Entretiens audio :

Pour écouter l’interview de Thomas Coutrot, économiste et membre fondateur du collectif ACDC , cliquer sur

MP3 - 8.8 Mo

Pour écouter l’interview de Pierre Concialdi, économiste et membre fondateur du collectif ACDC , cliquer sur

MP3 - 3.6 Mo

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