Accueil > Monde | Par Catherine Tricot, Rémi Douat | 1er juillet 2005

Après la victoire du Non. Chronologie d’une victoire

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14 juillet 2004, Jacques Chirac annonce un référendum avant l’été 2005. Les sondages sont rassurants pour le camp du « oui » : peu de risque et un beau bazar en perspective dans le camp socialiste.

Déjà le 26 août, le Nouveau Parti socialiste d’Arnaud Montebourg prend parti pour le « non ». Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon (Nouveau Monde) et Marc Dolez (Forces militantes) sont là aussi pour défendre le « non ». François Hollande tacle trois jours plus tard en clôture de l’université d’été du PS et annonce un référendum interne au PS : son « oui » sera « raisonné ».

Après un « oui si » suivi d’un « non sauf... », Laurent Fabius affirme le 12 septembre que sa « pente naturelle » le conduit à voter « non ». En septembre, les sondages donnent le « oui » gagnant à 60%.

Le 19 octobre, l’Appel des 200 est rendu public à la Maison des Métallos. 200 personnalités signent ensemble un texte pour un « non » de gauche au TCE. Initié par la fondation Copernic, cet appel sera à l’origine de la création de près d’un millier de collectifs unitaires.

Le 25 novembre, Europe, la trahison des élites de Raoul Marc Jennar, pourfendeur de la directive Bolkestein, reçoit le prix des Amis du Monde Diplomatique.

Répétition générale du référendum, les militants du PS sont appelés à voter le 1er décembre. Ils s’expriment en masse après un débat intense. Près de 59% des militants socialistes se prononcent en faveur du « oui ».

Le 11 décembre, 85% des militants d’Attac rejettent le traité constitutionnel.

Le 25 janvier 2005, Jean-Luc Mélenchon affirme qu’il fera la campagne du « non », « à titre personnel ».

Fin janvier, le comité confédéral de la CGT, sorte de parlement du syndicat, décide à 82% d’appeler à rejeter le projet de traité, contre l’avis de Bernard Thibault, le secrétaire général.

Février, Regards réalise et distribue un film, Le non de la gauche. Il réunit intellectuels, militants et artistes engagés dans le rejet du TCE. Le succès est saisissant : plus de 70000 copies sont commandées. Les militants socialistes sollicités s’abstiennent. Peu après, Jean-Luc Mélenchon exprime publiquement son regret de n’avoir pas participé à l’initiative de Regards .

Le 7 février, premier grand meeting unitaire à l’initiative de l’Appel des 200. A Fontenay (Val-de-Marne), 700 personnes viennent écouter Yves Salesse (Fondation Copernic), Francis Wurtz (PCF) ou encore Alain Krivine (LCR). Tout le monde est là et, pour la première fois, un socialiste, Gérard Filoche, est à la tribune. La direction du PS menace de sanction.

Chez les Verts, on se prononce le 13 février à 53% pour le « oui ».

Le 2 mars, c’est au tour d’Henri Emmanuelli de sortir du bois. Pour lui, la campagne pour le « non » sera publique.

http://www.etienne.chouard.free.fr, le site d’Etienne Chouard, prof d’éco-gestion dans un lycée marseillais, qui décortique la Constitution, devient une référence incontournable. L’homme incarne l’appropriation populaire du débat. Le site affiche 762000 connections au lendemain du référendum.

Paris Match daté du 17 mars affiche en Une François Hollande et Nicolas Sarkozy : « Face aux Français ». Dans les kiosques, le texte de la Constitution commenté par l’Humanité bat des records de vente.

Pour la première fois, la tendance s’inverse. Avec 52%, le « non » est donné gagnant le 18 mars par l’institut CSA.

Le 6 avril, Lionel Jospin, « simple adhérent socialiste », vient défendre le « oui » dans sa section du 18e arrondissement. C’est le début d’un éternel retour.

Dany le Rouge ne l’est plus qu’à cause des tomates qu’il reçoit le 9 avril à Montpellier de la part de militants libertaires. Pour lui aussi, ce n’est qu’un début.

Le 14 avril, Jean-Luc Mélenchon, Marie-George Buffet, Olivier Besancenot et José Bové se partagent la tribune au meeting du « non de gauche » au Zénith de Paris. A la télévision, Jacques Chirac répond aux questions d’un panel de jeunes. La France pourrait devenir « le mouton noir » de l’Europe, leur dit le président. La compagnie Jolie Môme lui répond en chanson. Sur Internet et dans les manifs, le Mouton noir s’impose comme le tube de la campagne.

Le 29 avril, le « oui » reprend une courte avance dans les sondages. Une semaine plus tard, le « non » s’installe définitivement en tête.

Le 17 mai, Sylviane Agacinski-Jospin estime que « la majorité des partisans du » non » vient de l’extrême droite et des nationalistes ».

Le quotidien régional Sud-Ouest publie dans son édition du 18 mai 2005 une photo retouchée du groupe Les Têtes raides. Le « non » arboré sur le tee-shirt du chanteur a été gommé.

Le 25 mai, le Conseil supérieur de l’audiovisuel signale à TF1, France Télévisions, Canal + et M6 des déséquilibres sur la répartition des temps de parole.

Le texte « Et si le non l’emportait », diffusé le 26 mai, signé par différentes personnalités du non de gauche, lance des propositions pour l’après-referendum.

Le 29 mai, 23h 00. « L’Internationale » reprise par 200 personnes résonne dans une brasserie de la place de la Bastille.

EPILOGUE (provisoire)

Le 1er juin, les électeurs des Pays-Bas rejettent le traité à 61%. Dominique de Villepin remplace Jean-Pierre Raffarin. Le 2 juin, il annonce son nouveau gouvernement. Nicolas Sarkozy revient à l’Intérieur. On prend les mêmes et on recommence...

Le 7 juin, François Hollande exclut Laurent Fabius et ses amis du secrétariat national du PS. Une enquête de CSA/Le Parisien assure que 79% des Français pensent que Villepin ne pourra pas répondre à leurs préoccupations en 100 jours, comme s’y est engagé Villepin...

Les 25 et 26 juin, les collectifs du non de gauche tiennent une réunion nationale R.D. et C.T.

Paru dans Regards n°19, été 2005

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