Accueil > Société | Par Jean-Baptiste Ferrière | 24 juin 2008

Les syndicats demandent la fermeture des établissements pénitentiaires pour mineurs

Un an après l’ouverture des établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM), le Syndicat de la magistrature, le SNPES-PJJ-FSU et la CGT-PJJ dressent un bilan négatif de leur activité. Et réclament leur fermeture.

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« Un constat d’échec ! ». C’est un bilan critique d’un an d’EPM qui a été dressé par le Syndicat de la magistrature (SM), celui des avocats de France (SAF), la Ligue des droits de l’Homme et deux syndicats d’éducateurs (SNPES-PJJ-FSU et CGT-PJJ). Pour Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, « les EPM représentent une banalisation de l’enfermement des mineurs et une négation complète des principes de l’ordonnance de 1945 sur la délinquance juvénile, qui institue une primauté des réponses éducatives ». Et d’ajouter : « La prison n’est pas une réponse comme une autre à la délinquance des mineurs ». Pour Céline Verzeletti, secrétaire générale CGT pénitentiaire, « l’incarcération des mineurs doit être l’exception, les mesures éducatives la règle ». Résultat : un appel commun a été lancé pour obtenir la fermeture des ces EPM. 

« Avant leur mise en service, ces établissements ont été présentés par le gouvernement comme des prisons-modèles, rappelle Hélène Franco. Nous avons examiné les premiers mois d’existence de ces établissements au regard des objectifs qui leur étaient assignés : humanisation des conditions d’incarcération des mineurs, réinsertion et projet éducatif autour d’activités scolaires et sportives. En réalité, les incidents violents se sont multipliés dans ces structures et un drame s’est produit en février dernier à Meysieu : le suicide d’un mineur de 16 ans ». Et de dénoncer « les effets destructeurs de la détention qui empêche une réinsertion efficace et une prévention de la récidive ». Par ailleurs, les syndicats regrettent que « ces EPM soient si peu accessibles et très mal desservis par les transports en commun ».

Près de 100 millions d’euros ont été dépensés pour bâtir les EPM actuellement en service. C’est au printemps 2007 qu’a été inauguré à Lavaur (Tarn) le premier établissement pénitentiaire pour mineurs. Cinq autres établissements ont suivi : Quiévrechain (Valenciennes), Meysieu (Lyon), Porcheville (Mantes-la-jolie), Orvault (Nantes) et Marseille. Ils renferment au total quelque 180 mineurs âgés de 13 à 18 ans. Un septième établissement est prévu pour la fin 2008 à Chauconin près de Meaux en Seine-et-Marne. La durée moyenne d’une détention en EPM est de deux mois et demi.

Entretiens audio :

Pour écouter l’interview d’Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature , cliquer sur

MP3 - 2.5 Mo

Pour écouter l’interview de Céline Verzeletti, secrétaire générale CGT pénitentiaire , cliquer sur

MP3 - 4.7 Mo

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