Accueil > Politique | Par Jan Cyril Salemi | 9 juin 2012

Au meeting, sur la plage

"Plage au peuple !" c’est en ces termes que les marseillais étaient conviés, le 14 avril dernier, sur les plages du Prado à Marseille pour assister au dernier gros meeting de Jean-Luc Mélenchon avant le premier tour. Propos recueillis.

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Loïc Chapon, 34 ans, jardinier éco-paysagiste

« Je crois à l’idée que le tout donne plus que la somme des
parties. Mais jusqu’à présent j’étais réticent au fait de
m’engager car je sens trop de freins dans l’action collective.
On manque de méthode. Or le communisme c’est l’apprentissage
de la vie en commun. Mais le PC est trop rigide. Il
vaudrait mieux qu’il soit absorbé par le Front de gauche.
Cette campagne, ça a été un bol d’air, ça m’a donné l’envie
de m’impliquer, de m’inscrire dans l’action locale aux côtés
du FG. »

Gérard Chapon, 66 ans, sapeur-pompier à la retraite

« Grâce au Front de gauche, je suis en train de me réconcilier
avec le PCF. Entre 1970 et 1980, j’ai eu des responsabilités
localement au PC. Et puis j’ai été en rupture. Ce que réalise
le FG, c’est ce que je voulais à l’époque : une conception
pragmatique de la politique, sans sectarisme, sans endoctrinement.
Maintenant, l’important, c’est de continuer à semer,
et être intelligent dans la stratégie, pour inciter les autres
forces de gauche à se transformer. »

Yves Baroni, 44 ans, ouvrier chez Fralib

« Cette campagne du Front de gauche
nous aura enseigné que quelque
chose est en marche, une alternative
à ce système capitaliste qui
nous broie. Autour de moi, beaucoup
de gens, qui ne participaient plus
aux élections, sont allés voter. On a
retrouvé de l’espoir car il y a un fond
de vérité dans le discours du FG.
Tout ne va pas changer d’un coup de
baguette magique, mais ça prouve au
moins qu’il y a un avenir pour l’action
commune. »

Virginie Gillet, 45 ans, cuisinière

« Je ne suis ni encartée ni syndiquée,
mais j’ai voulu vivre cette
campagne de l’intérieur.
Et pourtant je n’y croyais plus ! Je
sentais les gens passifs, et j’ai été
très surprise de la dynamique. J’ai
vécu aux USA, je sais ce qu’est une
société qui laisse les gens au bord
de la route. Je ne veux pas de ça
pour mes enfants. Je ne sais pas si le
mouvement va durer. Tant pis si je
risque d’être déçue… Wait and see ! »

Marthe, 25 ans, étudiante

« Je me suis toujours sentie de
gauche, mais je n’ai jamais été
proche d’un parti, sauf cette année.
Je ne me dis pas communiste pour
autant, simplement, je me suis
retrouvée dans le discours de Mélenchon.
Maintenant, je me sens vraiment
militante, j’ai envie m’investir
et je pense adhérer à l’un des partis
qui composent le Front de gauche. »

Annie Gaudet, 65 ans, travailleuse sociale à la retraite

« Je me reconnais davantage dans le
Front de gauche que dans le Parti
communiste. Et pourtant, à sept ans,
je vendais L’Humanité ! Il me semble
que le FG est beaucoup plus à l’écoute
des gens. Le PC peut profiter de cette
dynamique, mais il est quand même
vraiment tombé. Le FG, c’est le mouvement
qui monte. Ceux qui vont
nous gouverner seront obligés de tenir
compte de notre voix. »

Selim Remidene, 20 ans, étudiant

« Selon moi, être communiste, c’est
penser à tout et à tout le monde.
Mais bien que cette campagne m’ait
donné beaucoup d’espoir, je ne me
sens pas militant. Tout ça m’a permis
aussi de voir comment est vraiment
la France, et dans quel état
elle se trouve. Je crois que le mouvement
est bien parti pour durer, et
même s’amplifier. »

Safia Laghrour, 36 ans, responsable de logistique internationale

« La force de cette campagne du Front
de gauche, c’était Mélenchon. Il
dégage de la sincérité, du charisme. Il
a expliqué la situation avec beaucoup
de clarté. En l’écoutant, j’avais l’impression
d’être à un cours. Grâce à lui,
les gens ont vraiment pris conscience
que nous sommes dans une mauvaise
passe, et l’élan qui est né va se maintenir.
Quant au PC, il a pris un coup
de jeune, mais je crois quand même
qu’il risque de s’éteindre. Pas en tant
qu’idéologie, mais en tant que parti. »

Charles Balduzzi, 74 ans, prof de maths à la retraite

« La première fois que j’ai pris ma
carte au Parti communiste, c’était
en 1960 ! Depuis, j’ai fait pas mal
d’allers-retours, et j’ai repris ma carte
cette année. L’ampleur du mouvement
ne m’a pas surpris, je sentais
que quelque chose allait démarrer.
Il faut continuer cette lutte contre
l’injustice, contre le malheur qui
tombe sur l’humain. Mais attention !
Les cocos sont souvent les cocus de
l’histoire ! »

Amandine Wade, 27 ans, directrice de centre de loisirs

« Le mouvement ne s’essoufflera pas, il
est bien ancré dans la réalité. J’ai pris
conscience tardivement que le Front
de gauche c’était aussi le PC. Mais
ce n’est pas ça l’important. Ce qui
compte, ce sont les idées, dans lesquelles
je me reconnais aujourd’hui. »

Laetitia Njariny, 23 ans, étudiante

« Il y a une grande énergie qui émane
de ce mouvement. C’était comme une
longue mèche, qui avait déjà pris feu,
et qui petit à petit a fini par exploser.
Je me sens de gauche, mais je m’étais
habituée à vivre avec une gauche qui
ne représentait pas la gauche. Maintenant,
on sait qu’il y a un recours. »

Thibault, 26 ans salarié dans l’économie sociale et solidaire

« Je ne suis pas encarté, car pour moi,
militer, c’est un engagement au quotidien,
que j’essaie d’appliquer dans
ma vie. Les cinq ans de Sarkozy et la
crise nous avaient désarmés. Mais
l’ampleur de la dynamique a modifié
le rapport de force. Désormais,
les faits sont de notre côté, les gens
s’impliquent, tout cela fait sens. Il ne
faut rien lâcher ! »

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