Accueil > Politique | Par Karine Gantin | 1er novembre 2006

Banlieues, des passerelles politiques

Comment relayer les revendications des jeunes dans les partis politiques ? Deux initiatives sous la loupe : Egalité d’abord !, proche du PCF, et les zepetistes, à la marge des Verts.

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Un an après les révoltes, deux initiatives portées par des personnes de l’intérieur des partis soulignent le désarroi de militants insatisfaits par l’évolution des débats collectifs. En proximité du Parti communiste, l’initiative citoyenne Egalité d’abord ! veut contraindre les forces progressistes à se saisir, honnêtement et en partage, de l’enjeu des discriminations et de l’égalité citoyenne. Et à la marge des Verts, les « zépétistes » (1) entendent faire la jonction avec les initiatives de quartier : relayer les revendications de celles-ci dans les partis.

Ecologie populaire

Les « Zépétistes » regroupent des Verts et des non-Verts, en majorité très jeunes et venant souvent des quartiers populaires. Leur initiative est née durant l’été et les révoltes de l’automne 2005 sont considérées comme leur « moment fondateur ». Ce soulèvement, expose leur manifeste, « a exprimé la crise de représentation d’une partie de plus en plus massive de la population par rapport aux appareils traditionnels, mais aussi le refus de la stigmatisation des classes populaires et de la jeunesse transformés en parias et considérés comme des classes dangereuses. Ce refus avait déjà marqué la confrontation idéologique sur le voile où au nom de la défense de la laïcité, nombreux à gauche avaient soutenu une loi consacrant le racisme institutionnalisé envers une partie de la population. » Leur guerre trublionne s’inscrit dans une vision politique globale : « Un spectre hante le monde de l’environnementalisme et du développement durable, celui de l’écologie populaire », c’est écrit au début de leur manifeste. « La pantalonnade de Johannesburg a souligné l’impuissance des maîtres de ce monde à engager la moindre réforme structurelle pouvant mettre en danger les profits des multinationales. Menant une recolonisation brutale du monde accompagnée d’une marchandisation violente tous azimuts, ils ont ouvert une quatrième guerre mondiale contre les pauvres et développé un véritable apartheid planétaire. » La ZEP est notamment soutenue par des personnalités vertes très actives dans les mouvements sociaux, tels Gilles Lemaire, Evelyne Perrin ou Bernard Dréano. « L’enjeu pour nous n’est pas le parti Verts, mais d’abord la nécessité de rebâtir les passerelles et de faire entendre les jeunes des quartiers », bouillonne le chef zépétiste Eros Sana.

 

Egalité politique

Porté notamment par Mouloud Aounit, Tarek Ben Hiba et Abdelmajid Guelmami, le mouvement L’égalité d’abord ! a été lancé le mois dernier à l’Assemblée nationale, le jour anniversaire de la commémoration du massacre du 17 octobre 1961. L’appel constitutif pose comme autre référence explicite le second tour de la présidentielle 2002 : « Le sursaut d’indignation populaire contre la percée électorale du candidat de la haine a fait renaître pour des millions de manifestants l’espoir d’une société pétrie d’égalité, de solidarité, de fraternité, d’humanité. Cet événement politique devait tenir lieu d’un acte de refondation politique de la citoyenneté, de la démocratie et de l’universalité des droits. Or, depuis, il n’en fut rien. L’état des débats politiques ne fait au contraire qu’empirer. Et comme si le « choc du 21 avril »n’avait jamais eu lieu, les thèses racistes, révisionnistes, discriminatoires et culturalistes font tache d’huile sur l’échiquier politique. »

Pour Egalité d’abord !, les prochaines échéances électorales marqueront « un tournant historique décisif » de ce point de vue. Leur projet concret s’énonce ainsi : « soutenir tous ceux et celles qui, à l’intérieur des partis politiques ou à l’extérieur », se battent pour l’égalité politique, l’instauration de la citoyenneté de résidence, l’abrogation des lois et dispositifs discriminantes de toutes sortes, le partage « de l’ensemble des mémoires de toutes les populations vivant sur notre sol ». C’est bien de « l’avenir des jeunes qu’il s’agit ici, à construire pour eux et avec eux », rappelle Abdelmajid Guelmami. L’appel a déjà été signé notamment par l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau, les Verts Gilles Lemaire et Francine Bavay, les communistes Jack Ralite ou Clémentine Autain.

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