Accueil > Société | Par Karine Gantin | 1er septembre 2005

BENOÎT XVI DANS SON RÔLE

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Aucun libéralisme chez Benoît XVI, qui fustige depuis longtemps la « dictature du relativisme » des sociétés contemporaines, mais de l’autoritarisme oui, certainement. L’ex-cardinal Ratzinger, qui fut longtemps le responsable de la redoutable Congrégation pour la doctrine de la foi, était connu en effet dans sa fonction précédente pour son intransigeance doctrinale. Il s’y était illustré, entre autres, par son hostilité ouverte à la théologie de la libération, accusée par lui de déviation marxiste parce qu’elle prônait « l’option préférentielle pour les pauvres ». Aussi son élection a-t-elle fait grincer des dents ceux qui espéraient une inflexion du conservatisme papal, particulièrement fort à la fin du règne de Jean Paul II. Ainsi Leonardo Boff, théologien brésilien de la libération, qui estime que « Benoît XVI sera le pape de la continuité, mais dans un sens encore plus radical que Jean Paul II, et cela, dans tous les domaines : morale sexuelle, ordination des femmes, doctrine de l’Eglise en général. Je prévois aussi une centralisation des thèmes de l’Eglise sur elle-même et non pas sur les grandes questions de l’humanité. » Aujourd’hui, l’on attend encore les premières nominations des nouveaux conseillers de Benoît XVI, ainsi que son encyclique programmatique à l’automne, pour en savoir plus sur ses intentions. En août, toutefois, Benoît XVI a passé son « grand oral » lors des Journées mondiales de la Jeunesse à Cologne. La surprise y est venue de la confirmation de sa volonté d’œuvrer au rapprochement des religions, avec aussi bien protestants, juifs que musulmans, prônant des valeurs de paix et de tolérance, refusant de présenter les attentats terroristes autrement que comme des « crimes contre l’humanité ». Son appel à lutter ensemble contre des « forces du mal » menaçant de prendre le pouvoir sur toute la planète, a sonné ambigument pourtant, tant il rappelle comme en écho la doctrine géostratégique américaine concernant un « axe du mal » terroriste à abattre. Il convient de le relativiser toutefois au regard de l’incident diplomatique qui a opposé le pape à Israël le mois dernier, le premier ayant « omis » de citer la Terre Sainte dans sa liste des pays victimes du terrorisme. Pendant ce temps, la puissante et très conservatrice organisation catholique de l’Opus Dei a d’ores et déjà déclaré voir en Benoît XVI un pape qui saura « lancer une mission vers l’extérieur et l’intérieur de l’Eglise », ce qui suppose une action vers « les pays qui ne connaissent pas le Christ », mais aussi « évangéliser de nouveau le monde occidental ». Un rôle politique, assurément.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?