Accueil > Société | Par Cécile Babin | 1er février 2006

Bonjour, ma puce

La puce RFID qui permet une identification par radiofréquence va bientôt aider à automatiser un nombre de tâches et résoudre des problèmes de traçabilité de produits. Un bémol : ce sont les hommes qui transportent les objets. à vous de comprendre...

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Le supermarché du futur a été inauguré par le groupe Metro en 2003 à Rheinberg, célèbre pour être la ville natale de Claudia Schiffer, près de Dusseldorf, en Allemagne. La top model de classe internationale était d’ailleurs présente lors de la cérémonie, venant donner une touche glamour à un projet qui l’est peu. La logistique et la grande distribution ne sont déjà pas des univers très sexy, mais : c’est le projet : il faudra encore vider les supermarchés de leurs caissières. Leur travail est indispensable aujourd’hui pour enregistrer les coordonnées des produits et leurs prix puisqu’il faut que quelqu’un passe, un par un, les codes-barres des différents articles devant un lecteur optique. Mais demain, dans cinq ou dix ans, les clients n’auront même plus à sortir les articles de leur caddie pour régler : le montant précis de leurs courses hebdomadaires sera calculé instantanément grâce à une nouvelle technologie : la puce RFID et son lecteur à champ électromagnétique.

Sa première utilisation remonte à la Seconde Guerre mondiale : les Américains s’en servaient pour distinguer leurs avions des avions ennemis. La puce RFID (qui permet une identification par radiofréquence) appartient à la famille des technologies d’identification automatique des objets, qui est également celle du code-barres. Mais elle peut contenir jusqu’à 10 000 fois plus d’informations que ce dernier. Elle est déjà bien connue du grand public pour ses célèbres applications que sont le télépéage autoroutier et le pass Navigo de la RATP. Concernant, par exemple, le télépéage, c’est le véhicule qui est muni d’une puce. Un émetteur d’ondes électromagnétiques est installé à certaines files du péage. L’onde rencontre la puce et revient alors vers l’émetteur-lecteur qui délivre les informations permettant d’identifier le véhicule et de débiter le compte bancaire correspondant.

La puce RFID permet donc d’automatiser un certain nombre de tâches et de répondre de la manière la plus performante possible aux problématiques de traçabilité des entreprises. On perçoit bien la solution qu’elle représente dans le suivi du courrier et des colis ou du transport aérien des bagages. Les industriels savent qu’elle leur sera utile pour gérer leurs stocks et leurs flux, limiter les vols, en entrepôts comme en grande surface, lutter contre les contrefaçons et éviter les crises alimentaires, en repérant automatiquement les lots de produits périmés ou suspects afin d’arrêter les ventes et de lancer au plus vite des campagnes pour rassurer les consommateurs.

Mais les enjeux pour les industriels ne s’arrêtent pas aux strictes questions de logistique ou de qualité. La sécurité est devenue une préoccupation générale sur laquelle il est judicieux de communiquer pour gagner des parts de marché. ESB, listeria, salmonellose, ces noms à couper l’appétit résonnent encore dans les esprits. Comment s’assurer la confiance des consommateurs ? En mettant à leur disposition un maximum d’informations sur la provenance ou les conditions de fabrication de tel ou tel produit. Et si pour cela le seul emballage offre une surface limitée, une puce RFID que les clients pourraient aller lire auprès de bornes mises à disposition dans les supermarchés permettrait d’accéder à une information bien plus complète. Voilà en tout cas ce dont les fabricants de puces veulent convaincre leurs clients potentiels. L’argument ne semble pas infondé : que ce soit dans un souci de sécurité alimentaire ou de commerce équitable, un maximum de transparence calme les paranoïas et permet de montrer patte blanche aux consommateurs d’éthique.

Ces derniers finiront-ils par s’accommoder des quelques délicatesses liées à la haute performance de cette technologie ? Si la puce RFID peut assurer la traçabilité des objets, elle peut tout aussi bien assurer celle des personnes. Parce que les personnes circulent avec des objets, mais pas seulement : on a vu çà et là glisser des puces sous la peau d’êtres humains. En Angleterre, pour permettre aux clients d’une discothèque d’accéder « sans contrôle » au carré VIP. En Angleterre toujours, pour mieux surveiller des enfants fugueurs. Aux Etats-Unis, pour porter la meilleure assistance à des personnes SDF. Les crises, terroristes cette fois, rendront-elles la population demandeuse de toujours plus de transparence sur l’origine, la provenance, la circulation et les conditions d’existence des individus ?

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