Accueil > Ecologie | Par Benoît Borrits | 19 septembre 2012

Conjuguer écologie et syndicalisme

La conférence environnementale des 14 et 15 septembre dans laquelle se rencontraient syndicats, patronat et organisations écologistes aura mis à nu le chemin qui reste à parcourir pour faire converger revendications sociales et environnementales. Pourtant, les bases de cette convergence se retrouvent dans les différentes revendications de déconnexion du revenu avec le travail.

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La conférence environnementale qui s’est tenue les vendredi 14 et samedi 15 septembre aura suscité quelques débats et interrogations sur le rapport de l’écologie avec l’emploi. Lors de cette conférence, François Hollande s’est fixé une « ligne de conduite » sur les gaz de schiste qui vaudra tout au long de son quinquennat : pas question d’autoriser cette activité, avec la méthode de la fracturation hydraulique, « seule technique aujourd’hui connue », estimant « que personne ne peut affirmer  » que cette exploitation est « exempte de risques lourds pour la santé et l’environnement ». Par ailleurs, la centrale nucléaire de Fessenheim sera fermée à la fin 2016, le gouvernement devant désigner dans « dans les prochaines semaines, une personnalité chargée d’engager la concertation sur la reconversion du site ».

Le MEDEF mais aussi les syndicats ont dénoncé le caractère hâtif de cette dernière décision. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, exprime son « regret » d’une « annonce précipitée » de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim fin 2016. « Cette fermeture ne sera acceptable que si elle est socialement gérable ». Selon lui, « on parle un peu trop aisément de reconversion professionnelle » mais « des personnes exerçant des métiers depuis des décennies ne peuvent pas forcément se reconvertir dans une activité alternative ».

Ils ont exprimé une même réprobation quant au sort réservé à l’exploration des gaz de schiste. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, estime que « renoncer à l’exploration est un peu inquiétant. Nous allons finir, alors que notre pays a de véritables atouts énergétiques, par être de plus en plus dépendants dans ce domaine ». En écho, Jean-Pierre Clamadieu, PDG de Solvay et représentant de l’organisation patronale à la conférence, rappelle qu’aux Etats-Unis, « les gaz de schiste ont provoqué un choc de compétitivité. On ne peut pas accepter que l’Europe devienne une région plus chère pour l’énergie que les Etats-Unis ».

La crise économique est sans doute passée par là qui impose au syndicalisme de se battre, pied à pied, pour défendre l’emploi. Cette défense de l’emploi semblerait aujourd’hui passer par la défense de la compétitivité du pays, même si syndicats et patronat ne donnent évidemment pas le même contenu à ce terme « compétitivité », notamment sur la question du coût du travail. Si le représentant du MEDEF ne semble guère concerné par l’écologie, Bernard Thibault précise cependant que « s’il s’avère, à partir de recherches incontestables, pour des raisons environnementales ou de sécurité, qu’il n’est pas souhaitable d’extraire ces gaz, cela ne me pose pas de problème ».

On est ainsi assez loin de l’esprit des Forums sociaux dans lesquels les convergences étaient recherchées entre les organisations environnementales et les syndicats, approche justifiée par le fait que le plus grand nombre est concerné par l’écologie alors que les plus riches peuvent facilement s’extraire du lot commun pour bénéficier d’un environnement de qualité (mobilité facile, nourriture bio...). Pourtant, n’y a-t-il pas un clivage fondamental entre patronat et salariés sur la question de l’emploi, ou plus exactement du travail ? Pour le premier, le travail est source de profit et de mise en valeur du capital. Pour les seconds, le moyen de s’assurer une existence grâce au salaire. Permettre une convergence des syndicats avec les ONG écologistes suppose d’élaborer en commun une déconnexion significative des revenus de la situation à l’emploi, thème pourtant fréquemment abordé par le syndicalisme dans ses différentes variantes de sécurité sociale professionnelle.

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