Accueil > N° 4 - novembre 2010 | Par Clémentine Autain | 22 novembre 2010

Contre les violences faites aux femmes

Le 25 novembre est la journée mondiale contre les violences faites aux femmes. Trois questions à Natacha Henry, journaliste et féministe, qui a mené une enquête de plusieurs mois sur les violences conjugales

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Pourquoi cette enquête maintenant  ?

Natacha Henry }  : J’entendais de plus en plus d’histoires de femmes victimes de violences de la part de leur copain, de leur ex, etc. Je savais l’ampleur du phénomène : une femme sur dix est concernée au cours de sa vie. Or, beaucoup ne savent pas comment s’en sortir. Des lois existent et des foyers sont là pour les accueillir mais, souvent, les femmes ne le savent pas. Mon idée, c’était de montrer qu’il existe des professionnels dans la police, la justice ou les hôpitaux, formés aux différentes étapes de la sortie de violences et qu’il peut y avoir de la vie après la peur, les coups et les menaces. Par ailleurs, il se trouve que la lutte contre les violences faites aux femmes a été déclarée grande cause nationale en 2010 et que le 25 novembre, c’est la journée mondiale.

Frapper n’est pas aimer } est un titre qui met l’accent sur les coups plus que sur la maltraitance psychologique. Pourquoi  ?

N.H } . : Parce que dans les foyers dans lesquels je me suis installée pour l’enquête, les femmes sont vraiment des survivantes de coups et blessures très graves. Les violences psychologiques précèdent l’acte de frapper, les deux sont liés. J’ai vu les tympans éclatés, les mains brûlées, les traces de coups de couteau sur la joue... Ces femmes sont en danger de morts. Beaucoup parmi les hommes violents sont armés ou transforment des objets du quotidien en armes. Les traces de coups, les viols conjugaux et la maltraitance affective ont partie liée.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué  ?

N.H } . : L’importance des enfants qui sont témoins. Ils sont entre deux et trois millions. Souvent, ils essaient de s’interposer. Ils ont peur, prennent eux aussi des coups. C’est pour cela qu’il faut arrêter de parler d’amour qui tourne mal dans ces histoires : il s’agit d’hommes qui brisent la vie de leur compagne et de leurs enfants. Les femmes disent souvent rester pour les enfants. En réalité, c’est aussi pour eux qu’elle devrait partir.

Propos recueillis par Clémentine Autain

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