Accueil > Economie | Par Rémi Douat | 1er avril 2006

« Dans la vente, on vous jette quand vous atteignez un certain âge »

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« Je suis vendeur chez Office Dépôt, un magasin de fourniture de bureau. J’ai eu un parcours très sinueux. Parti du lycée sans le bac, je suis entré dans une école de cinéma. Je voulais être réalisateur, j’étais un grand rêveur à l’époque ! Mes parents, plutôt de condition modeste, se sont saignés pour cette école payante et chère. Mon père est carrossier au chômage et ma mère préparatrice de pharmacie. Mais comme je n’ai aucune connaissance dans le milieu du cinéma, ça n’a pas fonctionné comme je l’espérais. J’ai alors enchaîné avec une capacité en droit pendant deux ans afin d’avoir l’équivalent du bac. Puis j’ai exécuté mon service militaire dans la police et cela m’a même traversé l’esprit d’y rester. Mais j’ai vu des choses catastrophiques : de l’alcoolisme, de la violence, de la délinquance policière... Ça ne faisait vraiment pas envie. Et puis, quand vous rentrez chez vous, vous avez encore l’impression de porter l’uniforme et d’être un flic.

Alors j’ai tenté un DEUG de psychologie, que j’ai** obtenu par correspondance. Mais c’était une période difficile et fatigante parce que pour payer mes études, j’étais agent de sécurité. Je travaillais la nuit et étudiais le jour. J’ai donc décidé de m’orienter vers une formation de concepteur Web. Mais cela ne m’a mené qu’à des stages, qui m’ouvraient les portes d’autres stages qui éventuellement m’amèneraient **à des stages !

Puis j’ai eu besoin de stabilité. Ça devenait mon objectif. J’ai enchaîné les CDD chez Micromania, chez Celio ou la Fnac. Quand je suis arrivé chez Office Dépôt, j’ai eu droit à un CDI. J’ai foncé parce que, comme je me suis mis en couple à ce moment-là, j’avais envie de sécurité.

Au quotidien, mon objectif, c’est de satisfaire le client. Je leur propose des services, comme les cartes de visite, les brochures, les reliures... Il faut qu’ils soient contents afin de les fidéliser, ce n’est pas comme de vendre une paire de chaussures.

Les possibilités d’évolution sont assez... aléatoires ! Mon point fort, c’est le contact avec les clients. Je sais désamorcer les conflits, ce qui est très utile dans la vente. Au niveau reconnaissance, il ne faut rien attendre. On est un peu du bétail, comme partout. Dans la vente, on vous jette quand vous atteignez un certain âge, alors il faudra penser à autre chose. Je n’ai pas encore vraiment d’idée, mais ça ne me fait pas peur, j’ai l’habitude.

/Enacdré :/

/Chez les moins de trente ans, un vendeur sur deux a le bac ou plus. Les emplois de salariés sont des métiers d’insertion pour les jeunes et le poids des hommes se renforce même si les femmes demeurent majoritaires (69 %). Les effectifs stagnent depuis 1994 après avoir fortement chuté au début des années 1990./

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