Accueil > N° 58 - janvier 2009 | Par Samuel Lehoux | 23 janvier 2009

Délit de solidarité avec les mal-logés

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Ce jeudi 22 janvier devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre, la solidarité est au rendez-vous. Dès 8h30, malgré un vent et une pluie glaciales, plus de 100 personnes ont répondu à l’appel d’une vingtaine d’organisations syndicales et politiques, toutes signataires du collectif de soutien à Baptise et Vincent, deux lycéens de 17 ans, cités à comparaître au tribunal pour enfants pour « résistance avec violence » pour l’un, « résistance et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique » pour l’autre. Ils risquent jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Membres du Mouvement Solidaire pour le Logement (MSL) créé il y a deux ans en faveur du logement social à Levallois-Perret, Baptise et Vincent faisaient partie d’un groupe d’une quinzaine de personnes venues assister au conseil municipal de Levallois-Perret du 17 novembre 2008. Elles souhaitaient interpeller le Maire, Patrick Balkany, sur les problèmes de logement dans cette commune. En réponse, Monsieur le Maire a ordonné l’évacuation des militants du MSL par les forces de l’ordre, qui s’est soldée par une vérification d’identité au commissariat de Levallois-Peret. Et un placement en garde à vue durant 49 heures pour Baptiste et Vincent. Depuis, une pétition de soutien dénonçant le caractère disproportionné de ces poursuites, a recueilli plus de 10000 signatures (1).

Pierre, camarade de Baptiste et Vincent au lycée Léonard de Vinci de Levallois, lance des slogans de solidarité que reprennent la cinquantaine de lycéens massés derrière une banderole. Il était de la partie ce 17 novembre : « étant donné que M. Balkany refusait de recevoir des membres de MSL pour exposer des problèmes de mal-logement, nous nous étions donc invités chez lui pour le rencontrer. » Selon le jeune lycéen, « 49 heures de garde à vue pour avoir assisté à un conseil municipal et avoir voulu s’exprimer, c’est cher payé ! » Quelques légères railleries du fond de la tribune ouverte au public de la salle du Conseil auraient servi de prétexte au Maire pour faire évacuer le groupe de militants. « L’évacuation a été très violente, certains d’entre nous ont été blessé. Et surtout, aucun d’entre nous n’a porté de coups puisqu’on se tenait en chaîne » , se souvient Pierre. Annie Mondois, conseillère municipale PCF de Levallois-Peret, également présente à cette séance, avait tout aussi été choquée par cette évacuation manu militari, « ressemblant à une mêlée de rugby » . Sous son parapluie, la seule élue communiste de Levallois-Peret analyse cette affaire, qui « symbolise » tristement le climat de cette « drôle de ville »  : « les conseils municipaux sont animés par les partisans du Maire qui conspuent régulièrement les membres de l’opposition, et l’expulsion de personnes du public par les forces de l’ordre n’est pas une pratique nouvelle. «  « Les intimidations contre ceux qui militent dans à Levallois ne manquent pas, poursuit-elle, et derrière tout ça, il y a clairement une volonté de casser les gens qui contestent la politique de la ville. » Pour autant, « il n’est pas question de se taire » s’exclame l’élue communiste. Ce que confirme Anaïs, lycéenne de 16 ans, qui « refuse de se laisser intimider et de s’arrêter de militer ! » .

Le rassemblement n’a pas dégrossi trois heures plus tard, au moment où les prévenus sortent de l’audience. La déclaration de leur avocate, Dominique Noguères, par ailleurs vice-présidente de la Ligue de Droits de l’Homme, calme les esprits et les inquiétudes. « Le dossier s’est à l’évidence dégonflé jusqu’au jugement puisque sur les cinq policiers qui prétendaient être victime de blessure, seul un s’est constitué partie civile » , explique-t-elle. « On est bien loin de ce qui était présenté au départ, le procureur ayant requis une mesure éducative. » Ce qui n’excuse, ni n’explique les « 49 heures de garde à vue, et le traumatisme vécu par ces enfants et leurs familles » , poursuit-elle. Le délibéré est renvoyé au 19 février prochain. En attendant, « Nous sommes fiers de notre lutte et nous continuerons à nous battre pour le droit au logement pour tous » , a conclu Baptiste. Un combat que leur rendent bien les quelques manifestants mal-logés présent au rassemblement, comme Nouredine, habitante avec son mari et leurs trois enfants du foyer Sonacotra de Levallois-Peret, pour qui « l’union fait la force ! » .

S.L.

 [1]

Notes

[11. Pétition disponible sur http://baptistevincent.org/cgi-bin/petition.cgi

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  • Moi aussi comme ma voisine nouredine je m’appelle amal je suis au foyer depuis 10 ans moi et mes 3 enfants et mon mari et c est que vous pouvez m aide merci mon numéro de téléphone 0650202620

    boubghi Le 7 septembre 2014 à 17:31
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