Accueil > Résistances | Reportage par Sabrina Kassa | 4 juillet 2011

Départ symbolique du Louise Michel, le bateau français pour Gaza

Après une semaine de galères, sabotages et entraves administratives, la Flotille pour Gaza reste à quai en Grèce. Ce lundi, le bateau français s’est livré à un appareillage symbolique. Le mouvement de solidarité doit maintenant tirer les enseignements de cette séquence qui a vu le gouvernement israélien étendre son blocus jusqu’aux eaux territoriales d’un pays de l’Ue.

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Elle ne pouvait pas rentrer en France sans avoir rien fait ! Ce lundi, à midi, la délégation française du Bateau français a donc hissé symboliquement les voiles du bateau Louise Michel, bloqué dans le port d’Athènes par un barrage administratif kafkaïen. Manque de vent, le petit drapeau français, accompagné d’un grand drapeau palestinien et d’un autre européen avaient du mal à tenir droit en haut du mât. Mais qu’importe, les militants l’ont secoué aussi souvent que nécessaire, tant il était crucial pour eux de sortir la tête haute du guet-apens dans lequel Israël et son nouvel allié grec les avaient coincé.

Avec le député palestinien Mustapha Barghouti, portant keffieh, basket et drapé des couleurs nationales palestiniennes et avec le renfort des militants américains Free Gaza de la flottille (beaucoup de femmes !), ils ont klaxonné, fait tourner le moteur et chanté allègrement « Gaza we are coming ! » pour montrer à tous ceux qui en doutaient qu’ils n’avaient pas renoncé à briser le siège de Gaza. « Je vous informe que tous les médias palestiniens suivent tout ça de près. Sachez que les Palestiniens sont très touchés et ont conscience que vous avez pris de votre temps et des risques pour briser ce siège et porter haut ce message de dignité  » a assuré le député palestinien. Applaudissement et sourires, les pacifistes de la flottille ont en effet bien besoin de marquer des points, tant la semaine dernière a vu s’enchaîner des mauvaises nouvelles, avec le sabotage du bateau grec puis du bateau irlandais, le harcèlement administratif continu sur tous les bateaux, l’arraisonnement du bateau américain qui avait fait une tentative de sortie (avec emprisonnement de leur capitaine) et, last but not least, l’annonce samedi du ministre grec de la Défense des citoyens d’une interdiction d’aller à Gaza pour tous les bateaux de la flottille amarrés dans les ports grecs et du soutien du Quartette (EU, UE, Russie et Onu) à cette démarche.

« Cette cérémonie de départ, c’est la dernière image grecque de cette opération de solidarité. Mais attention, ce n’est pas la fin, affirme le député communiste Jean-Paul Lecoq. Si nous n’avons pas réussi en effet à briser le siège de Gaza, la semaine qui vient de se passer a dévoilé beaucoup de choses. D’une part que la ligne du blocus de Gaza s’est déplacée jusqu’en Grèce, ce qui n’est pas acceptable et sur quoi nous allons nous battre et porter plainte au niveau européen. Et d’autre part, cela a clairement montré que les Etats qui depuis quatre ans affirment vouloir mettre fin au blocus de Gaza, en réalité ne font rien !  » Un sentiment de malaise partagé par tous les militants et qui aura probablement des conséquences sur le mouvement de solidarité et le militantisme pour la Palestine. Quant à Mustapha Barghouti, qui était prêt également à prendre le bateau français pour Gaza, il n’hésite pas à voir dans les dernières déclarations politiques le dévoilement d’une « complicité européenne et américaine » dans le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.

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