L'affiche avant et après son passage au service culturel de la mairie
Accueil > Société | Par Emmanuel Riondé | 31 août 2011

Disparitions estivales

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Variante française 2011 de l’abandon de chats
sur l’autoroute, l’effacement de tous signes extérieurs
d’ « arabité », de « palestinité », de « musulmanitude
 », etc., dans les bouquins et affiches.

Le 4 juillet, les éditions Hachette indiquaient que
« certains passages contestables [d’un nouveau
manuel d’histoire pour les classes de première]
devaient être modifiés
 » et qu’ils seraient donc
« changés ». En cause, la présence du terme
« Nakba » dans un chapitre consacré à la question
palestinienne. La Nakba — catastrophe —, désigne
l’expulsion d’environ 800 000 palestiniens de
leurs foyers en 1948. Il n’y a plus débat sur la réalité
de ce fait historique. Mais l’éditeur a cédé sous
la pression d’organisations juives dénonçant, sans
rire, une « idéologisation » de l’histoire.

A Marseille, les services culturels de la mairie
n’ont, eux, pas pris la peine de sortir les grands
mots pour justifier la suppression du pictogramme
d’une mosquée sur une affiche concoctée par un
collectif d’artistes - architectes. Ils ont juste expliqué
que « sur les affiches, on met du texte et rien
d’autre
 ». Surtout, faut quand même pas déconner,
quand le texte parle de la Smala d’Abd-
el Kader...

Et oui, Echelle inconnue (le collectif en question)
mène depuis plusieurs années un projet autour
du parcours dans les prisons de France (au XIXe
siècle) du grand résistant algérien. Un projet artistico-
politico-urbanistique qui les a vite conduits à
se pencher sur la question de l’(in)visibilité de l’Islam
en France. Marrant, non ?

Concernant la polémique autour de la disparition de la Nakba d’un manuel d’histoire, lire la tribune publiée sur Rue89 en juillet.

A Marseille, fin juin-début juillet, suite à ce "nettoyage" d’affiche, Echelle inconnue a décidé de proposer son travail aux marseillais, non pas à la bibliothèque de l’Alcazar comme cela était initialement prévu mais dans plusieurs endroits de la ville. Pour tout savoir sur cet épisode, rendez vous sur le site du collectif Echelle inconnue, où l’on peut notamment lire le communiqué des artistes expliquant leur décision de ne pas se rendre à l’Alcazar.

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