Accueil > Monde | Par Marie-Agnès Combesque | 17 octobre 2012

Etats-Unis : un partout dans la campagne présidentielle !

Barack Obama et Mitt Romney étaient au milieu de l’arène la nuit dernière.

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Le champion sortant n’a pas fait bonne figure lors du premier débat aux dires des sondages. Sorti sonné, Barack Obama devait donc impérativement retrouver du poil de la bête sur le ring du deuxième débat sous peine de perdre tout avantage dans le cœur de l’opinion selon les journalistes qui suivent et fabriquent cette campagne avec les équipes de communication des candidats. Et que n’a-t-on pas dit ou écrit dans la presse française au sujet de ce débat ! Le lecteur sait à peu près tout depuis quelques jours des détails techniques mais également de la préparation suivi par les deux impétrants. Il connaît aussi le profil de la journaliste modératrice. Bref, la France vit en direct cette campagne comme jamais auparavant.


Depuis le début des années 90, l’actualité américaine gonfle tous les 4 ans dans nos médias et nos librairies au gré de la présidentielle. La bipolarisation du monde n’étant plus d’actualité depuis les années 1989-1991, les médias se sont tournés vers le pays donné gagnant en lui conférant le titre de superpuissance (ce qu’il est incontestablement du point de vue militaire) et en l’auscultant lors du moment phare de sa vie politique. Cependant, en 1992, la bataille entre Bill Clinton et George Bush père n’a pas suscité autant d’engouement malgré la première guerre du Golfe. Le suivi médiatique ne s’est pas emballé d’un coup. Il est allé crescendo. L’élection de novembre 2000 a sans doute représenté le point de basculement du moins, à partir du moment où les résultats n’ont pu être proclamés avec certitude. En 2004, la bataille Bush Junior-Kerry a été abondamment commentée, Bush jouissant de ce côté-ci de l’Atlantique d’une réputation peu enviable. 2008, ce fut le moment Obama, la découverte d’un politicien démocrate noir, l’engouement pour cet homme séduisant et assurément intelligent, l’antithèse de Bush pour résumer.

Si la campagne de 2008 fut largement couverte et commentée, les livres d’Obama traduits et bestsellarisés, elle n’a pas suscité un intérêt aussi précoce que la campagne de 2012. Depuis les conventions républicaine et démocrate, à la fin août 2012, la présidentielle américaine n’a pas quitté la une des médias en France, pas plus que twitter ou internet et les blogs des journalistes spécialisés qui prennent plus d’importance que leurs articles. Nous la vivons en direct. En revanche, nous n’ignorons rien de la vie privée des Romney, du comportement de Mitt en famille ou de celui de Barack avec ses filles et Michele. Quant aux infos politiques, elles sont quasi exclusivement consacrées au parti républicain ou au parti démocrate. Le rouleau compresseur du bipartisme écrase le restant de la vie politique.

De temps en temps, presque par hasard, le lecteur peut apprendre (le blog de Corinne Lesnes, le Monde.fr du 14 octobre dernier : http://lesnes.blog.lemonde.fr) que sur le bulletin de vote proposé aux électeurs du Colorado, il y a 16 noms ! Il existe bien une noria d’autres candidats dont certains ne sont pas de petits rigolos et parmi eux, Jill Stein et sa colistière Cheri HonKala pour le parti vert (www.jillstein.org). Le ticket vert sera en fait présent dans une quarantaine d’Etats et son bulletin visible pour à peu près 85 % de la population étatsunienne. Jill Stein est créditée de 2% d’intentions de vote et peut compter sur le soutien de Noam Chomsky. Jean Stein, médecin et Cheri Honkala, candidate à la vice-présidence, militante de longue date pour le droit au logement, mère célibataire et ex sans abri elle-même, font campagne à partir d’un programme inspiré du New Deal qui repose sur quatre piliers : une déclaration des droits économiques avec le plein emploi comme objectif ; une transition verte, une véritable réforme du système financier, une démocratie fonctionnant pour le bien être de 99 % d’Américains. Jill Stein et Cheri Honkala n’ont pas réussi à percer le mur des médias bâti avec l’argent des Super PACs, ces comités d’action politique qui pour chaque candidat récolte les millions de dollars des groupes d’intérêt qui peuvent ainsi influencer la politique du candidat en toute légalité.

De ce deuxième débat télévisé, l’on ne retient ce matin que l’épisode Benghazi et l’arbitrage de la modératrice en faveur du président sortant. Le match de catch ne s’achève pas sur un nul mais sur la victoire d’Obama pour les commentateurs. Après la deuxième manche, chaque champion a donc remporté un combat. La finale de ces débats présidentiels télévisés aura lieu le 22 octobre et la proclamation du vainqueur le 6 novembre, si tout va bien ! C’est-à-dire si une majorité de bulletins coïncide avec une majorité de grands électeurs. Gageons que chez les Républicains, on se prépare à une bataille du type de celle qui a opposé Gore à Bush en novembre et décembre 2000.

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