Accueil > Résistances | Reportage par Jessica Ibelaïdene | 24 août 2011

Face à l’urgence, les sans-abri marchent à l’unisson

Les expulsions ont été nombreuses cet été. Et selon les associations de droit au logement, des centaines de familles restent sans solution de recours. Conséquence, à Paris, depuis le 16 juillet, une marche est organisée chaque samedi pour rappeler le ministère du logement à ses responsabilités. Un été social chargé annonçant, faute de réponse, une rentrée qui pourrait bien l’être tout autant.

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«  Nous rêvons du logement comme de quelque chose d’inaccessible », confie Mariam, née en France, deux enfants, un travail, mais sans-abri. Elle a participé à la marche du samedi 20 août qui a réuni plus de 500 personnes à Paris, selon la fédération Droit au Logement (DAL). Depuis le 16 juillet, associations, sans-logis et salariés de l’urgence sociale se mobilisent tous les samedis pour donner de la voix face à la situation préoccupante de nombreuses familles. Cette fois, tous les collectifs de mal-logés de Paris et de ses alentours étaient présents et unis : square Boucicaut dans le 7ème arrondissement de Paris, dont fait partie Mariam, Montreuil, Bagnolet, La Courneuve...

Des lieux où les campements se sont multipliés suite à « une vague d’expulsion depuis fin juin », expliquent Lucie et Marie, militantes au DAL qui accompagnent chaque jour les familles du Boucicaut. « Ici, tous ont des papiers et une demande de logement social à jour. La majorité travaille. Ils ne demandent qu’une chose : le droit de payer un loyer », ajoute Marie.
Ces familles se sentent « exclues de la société », indignées par l’absence de réponse du gouvernement qui, selon elles, ne respectent pas leur droit. « Liberté, égalité, fraternité, quand ça les arrange, s’exclame Aminata. Ils nous mettent dehors et nous laissent à la rue, avec nos enfants ! Qu’attendent-ils ? Que l’hiver arrive et que l’un d’eux meure de froid pour agir ? »

La promesse d’une rentrée chaude

Les enfants. Leur plus grande préoccupation. Surtout que la rentrée approche. Mariam explique que pour procéder à une inscription, il faut être domicilié : « Mais sans adresse, nous ne savons pas comment ni où les inscrire. L’école est obligatoire et nous voulons que nos petits aient un avenir meilleur. On ne nous donne pas les moyens de les y aider. »
Ces femmes ne bougeront pas du square Boucicaut tant que l’État ne les écoutera pas.

Samedi 27 août, les sans-abri rejoindront la marche des sans-papier pour marquer les 15 ans de l’occupation de l’église Saint-Bernard. En attendant la journée de grève nationale des salariés de l’urgence sociale du 3 septembre « plus importante encore que celle qui a eu lieu 2 août », espère Marie.

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