Accueil > Politique | Par Rémi Douat | 7 janvier 2011

FN-UMP Les liaisons dangereuses (2) - L’Europe, au fond à droite

Sur les 27 pays de l’Union européenne, seuls trois sont à gauche. Tour d’horizon des extrêmes droites européennes avec Jean-Yves Camus. Le politologue observe la banalisation des partis d’extrême droite.

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«  Aujourd’hui, parler des droites extrêmes en Europe, c’est parler des droites  », résumait Jean-Yves Camus, spécialiste de la question, lors d’une récente conférence à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). L’Union démocratique du centre (UDC) en Suisse en est une bonne illustration. Premier parti de la confédération, il occupe 27 % des sièges au Parlement. «  L’UDC est en Suisse un parti comme les autres  », précise le politologue. Son idéologie, pourtant, est directement issue des thématiques de prédilection de l’extrême droite, avec notamment les référendums sur l’interdiction des minarets puis sur le renvoi des criminels étrangers.

De même, la Ligue du Nord d’Umberto Bossi, en Italie , apparaît dans le jeu politique italien comme un parti de droite classique, tout en jouant sur le registre xénophobe au sein de la majorité de Silvio Berlusconi. «  Des questions qui se réduisaient autrefois aux droites extrêmes se posent aujourd’hui dans les partis de droite traditionnels  », explique Jean-Yves Camus. Symptomatique de cette dynamique, les questions sur l’identité. La Ligue du Nord a en effet construit ses bases sur une création géographique et identitaire, la Padanie.

On observe également un retour au terme « occident » dans la bouche des partis opposés à l’immigration, ceux-là mêmes qui évoquent un choc des civilisations, chrétiens contre le reste du monde. «  C’est l’identité ethnico-culturelle qui prévaut et non le document qui atteste de votre nationalité , précise le politologue. Ainsi, le leader hollandais du PPV Geert Wilders estime-t-il que l’adhésion à l’identité européenne ne peut pas être une démarche volontaire. Si vous êtes musulman, vous ne pouvez pas en être . »

Geert Wilders, qui a par ailleurs déclaré que le Coran était le Mein Kampf d’aujourd’hui, est à la tête d’une formation qui a créé la surprise aux Pays-Bas en récoltant 15,5 % aux législatives de juin. La formation a ainsi triplé son nombre de sièges au Parlement sur des thématiques islamophobes et populistes. On notera, dans la série droite et droite radicale main dans la main, que le parti a passé un accord avec les démocrates-chrétiens et libéraux au pouvoir. De même au Danemark , où le Parti du peuple (PPD) soutient le gouvernement de centre-droit et oriente sa politique en matière d’immigration. Il pèse 14 % des voix.

En Autriche , le Parti de la Liberté (FPÖ) a bien survécu à la mort de son leader Jorg Haider, en 2008. Il a fait 18 % aux législatives anticipées de 2008 et 26 % en octobre dernier à Vienne lors des élections locales, où Heinz-Christian Strache a fait campagne sur sa crainte de voir remplacer la cathédrale par une mosquée.

En Belgique, le Vlaams Belang a totalisé 12,6 % des suffrages en juin tandis que la Nouvelle alliance flamande marque une progression notable. En Suède , les néonazis du SD ont fait leur entrée au Parlement, une première historique, en recueillant 5,8 % des voix.

Dans l’Est européen, contrairement aux idées reçues, seule la Hongrie se distingue par la vivacité de son extrême droite. Le parti Jobbik a remporté 17 % des voix aux législatives d’avril dernier. Tandis que le chef de gouvernement conservateur Viktor Orban a ouvert le débat dans le pays sur la « Grande Hongrie ».

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