Accueil > Politique | Entretien par Rémi Douat | 3 mars 2011

Fronde des magistrats - Sarko partout, Justice nulle part

Les magistrats et personnels de Justice,
montrés du doigt dans l’affaire Lætitia, se
sont mobilisés pendant deux semaines,
début février. Une autre journée d’action
est prévue fin mars. Odile Barral, du
Syndicat de la magistrature, estime que
le point de non-retour est atteint.

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Qu’est ce qui a changé avec le mouvement ?

Il y a un « avant » et un « après » mouvement de
l’hiver 2011. D’abord, c’est un mouvement interprofessionnel.
Chacun à son poste, du greffier
au juge en passant par les personnels de la
pénitentiaire, est arrivé à un point de non-retour.
Chacun a envie que les choses bougent, que
les revendications soient entendues et réellement
prises en compte. Concrètement, les différents
métiers travaillent davantage ensemble
à des revendications collectives, dans le sens
d’une Justice qui fonctionne mieux, avec plus
de moyens. Il n’y aura rien de miraculeux. Mais
grâce au mouvement, chacun a pu prendre
conscience aujourd’hui que la France consacre
un budget ridicule à la Justice, que cette institution
prend l’eau de toute part et qu’il faut très
vite s’en charger.

Qu’est ce qui a rendu possible une telle mobilisation ?

C’est le sentiment d’injustice. Les professionnels
de justice s’organisent comme ils peuvent,
en dépit du manque évident de moyens. In fine,
Nicolas Sarkozy s’en est pris à des personnes,
à des métiers, dénonçant des fautes qui auraient
été commises dans le cadre de l’affaire
Tony Meilhon là où il s’agit d’une question de
moyens dont dispose la Justice. Il faut le répéter,
Tony Meilhon n’a pas été « relâché » mais libéré
à l’issue d’une peine. L’injustice commise par le
Président est si énorme qu’il explique la vigueur
et le caractère spontané du mouvement.

Selon vous, Nicolas Sarkozy aurait fait une bourde ?

Non, ses propos sont délibérés. Faire un bilan
de sa propre action politique sur le front de la
justice et de la sécurité serait certainement plus
juste, mais il préfère jeter le discrédit sur une
profession dans son ensemble pour expliquer
les dysfonctionnements. Quand la Justice ne
fonctionne pas, dit-il en substance, c’est parce
que les professionnels ne font pas leur boulot,
où dans le cas de l’affaire qui a mis le feu au
poudre, ne sont pas assez vigilants. C’est une
logique de clivages.

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