Accueil > Monde | Entretien, Vidéo par Samuel Wahl | 29 octobre 2012

Grèce, une députée Syriza réagit à l’arrestation du journaliste Kostas Vaxevanis (entretien vidéo)

En Grèce, la tentative de museler la presse d’investigation révèle une profonde crise démocratique. Zoé Konstantopoulou, députée Syriza en charge des questions de justice, réagit à l’arrestation du journaliste Kostas Vaxevanis à la suite de la publication de la « liste Lagarde ».

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Le journaliste grec Kostas Vaxevanis a été arrêté hier dimanche sur ordre du parquet d’Athènes, 24heures après avoir rendu publique la « liste Lagarde », qui comporte plus de 2000 noms, parmi lesquels ceux de personnalités connues : politiciens, hommes d’affaires ou grandes fortunes, ayant placé de l’argent sur des comptes de la banque HSBC en Suisse.

Cette affaire porte une grave atteinte à la liberté de la presse, certains parlent déjà d’un nouveau cas Julian Assange. Cette liste n’est pourtant pas si mystérieuse : communément apppelée « Lagarde », du nom de la ministre des finances qui l’avait transmise au gouvernement grec, celle-ci était déjà universellement connue sous le nom de « Falciani », et officiellement utilisée pour traquer les évadés fiscaux, aussi bien par les autorités françaises, allemandes que britanniques, malgré son origine frauduleuse (le fichier provenant originellement du vol d’un informaticien).

Mis au pied du mur depuis un mois par la Commission de transparence du Parlement, les anciens ministres des finances du Pasok, Evangelos Venizelos et Giorgos Papaconstantinou, destinataires de cette liste en 2010, peinent à se justifier d’avoir passé ce document sous silence pendant deux ans, prétextant l’avoir d’abord transmis puis égaré, si bien que l’actuel ministre des finances a du en redemander copie cette semaine à la France.

Depuis juin dernier et la nouvelle législature, une utilisation partielle de la liste a permis l’ouverture d’une première enquête, à l’encontre d’une trentaine de personnes seulement, et a déjà semé la panique, déclenchant deux suicides parmi les personnalités visées.

Les ministres mis en cause échappent à toute poursuite, tandis que Kostas Vaxevanis se voit accusé d’avoir enfreint la loi sur la publication de données privées. Le journaliste d’investigation avait pourtant pris des précautions, ne publiant que les noms des personnes, sans les montants ni les numéros de compte, et respectant la présomption d’innocence en précisant que des enquêtes devraient être menées pour déterminer leur culpabilité.

Zoé Konstantopoulou, députée Syriza d’Athènes en charge des questions de justice, témoigne aujourd’hui au procès du journaliste, autour duquel s’organise une mobilisation de solidarité internationale [1]. Elle explique comment ce cas de censure inédit révèle une crispation du pouvoir, à l’heure où la crise économique se transforme en véritable crise démocratique.

Notes

[1Suivre sur Twitter avec le hashtag #freevaxevanis.

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