Accueil > Résistances | Par Sabrina Kassa | 3 juin 2011

J-20 avant le départ du bateau français pour Gaza

C’est aux alentours du 20 juin que le bateau français pour Gaza devrait larguer les amarres depuis Marseille. Point d’étape à moins de trois semaines du départ après le grand meeting de soutien à Paris.

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Les traits sont tirés, mais le soulagement se lit sur les visages des organisateurs de la campagne « Un Bateau pour gaza ». Ce 31 mai, la salle de la bourse du travail à Paris est pleine et (presque) tous les invités du grand meeting sont présents. Pierre Laurent (PCF), Clémentine Autain (FASE), Noël Mamère (EELV), Myriam Martin (NPA), Eric Coquerel (PG), Jean-Jacques Boislaroussie (Les Alternatifs), Monique Cerisier Ben Guigua, sénatrice socialiste. C’est le grand rassemblement de la gauche autour de la cause palestinienne, (avec un engagement certes timide du PS) et même au-delà, avec la présence de l’éternel trublion UMP Etienne Pinte. « Dans mon groupe, c’est vrai que je suis isolé, mais beaucoup n’en pensent pas moins. Et si en automne les Nations Unies reconnaissent l’Etat palestinien, vous verrez, il y aura beaucoup plus de gens de droite pour venir en parler... » s’est-il amusé à la tribune.

Depuis janvier 2011, la mobilisation citoyenne autour de la campagne du « bateau français pour Gaza » avec plus de 1400 initiatives sur tout le territoire national a permis la collecte de 600 000 euros (montant supérieur de l’objectif initial fixé à 500 000). Cette large mobilisation a été possible grâce au travail collectif (une première) de quasiment toutes les associations et les collectifs de solidarité avec la Palestine, à l’exception notable de la CAPJPO dont la présence en tant qu’organisation n’a pas été souhaitée.

Depuis quelques semaines, le bateau français a donc été acheté. Il devrait partir de Marseille vers le 20 juin, mais la délégation française n’est pas encore connue. Elle sera composée d’élus (cf. l’appel des élus publié le 30 mai sur Rue 89), de journalistes, de personnalités publiques (appel des personnalités publié le 20 mai dans Le Monde et Médiapart) et de membres locaux et nationaux de la campagne. Les arbitrages sont en cours et d’après les organisateurs ce n’est pas simple car il y a peu de places. Seule une trentaine de personnes pourront monter sur le bateau français et environ 60 à 80 personnes sur le célèbre bateau international « Mavi Marmara ». Et de toute façon la liste des noms des personnalités restera secrète encore un moment «  pour leur éviter de subir trop de pressions » confie Thomas Sommer-Houdeville, de la CCIPPP et membre très actif de cette campagne. Il était l’année dernière un des rares français à être de la « Flottille de la liberté », dont le livre La flottille. Solidarité internationale et piraterie d’Etat au large de Gaza raconte l’aventure avec brio.

Car la pression, en effet, est forte. Suite à l’annonce du départ de la flottille début mai, le Ministère français des Affaires Etrangères a réagit frileusement en déconseillant formellement aux ressortissants français « d’embarquer sur des navires ayant pour objectif de briser le blocus maritime imposé sur la bande de Gaza ». Un sale coup pour les membres de la Campagne qui attendaient un soutien gouvernemental, « non pas sous la forme d’une protection du bateau par l’armée, mais l’engagement d’un vrai travail diplomatique pour s’assurer que les drames de l’année dernière ne se reproduise pas  » résume Thomas Sommer-Houdeville. La fin de non recevoir du Quai d’Orsay ne les a toutefois pas découragé. Le 23 mai, les membres de la campagne ont réitéré leur demande de protection de la flottille en insistant sur la légitimité de la société civile à intervenir. « La Flottille de la liberté II est une réponse légitime au défaut de volonté politique de la communauté internationale pour obtenir la fin de ce blocus illégal  ». Précision d’autant plus utile que le gouvernement israélien dans sa peur viscérale de voir débarquer la flottille n’hésite pas à la diaboliser.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a informé le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon, que ce projet "était organisé notamment par des extrémistes islamistes afin de monter une provocation et d’entraîner un affrontement". Et d’annoncer qu’Israël "était déterminé à prendre des mesures énergiques" pour empêcher cette flottille d’atteindre Gaza. Pression internationale qui a reçu un assez bon écho. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a même écrit, à la mi-mai, aux gouvernements des pays méditerranéens pour qu’ils s’opposent à l’envoi de flottilles car celles-ci risquent, dit-il, d’aboutir à un « conflit violent ».

Si la campagne n’a pas reçu de soutien de la diplomatie française, elle a reçu cependant le 27 mai le soutien officiel du Conseil régional Rhône-Alpes, à la suite d’un vœu déposé par le groupe Europe-Ecologie – Les Verts. Initiative jugée « historique » par les élus de la collectivité territoriale et qui pourrait donner des idées à d’autres. A la fin du meeting du 31 mai, Eric Coquerel a proposé à Pierre Laurent de déposer une motion Front de gauche au Conseil régional Ile-de-France.

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