Accueil > Culture | Par Julia Moldoveanu | 1er février 2005

Je t’enlacerai, tu t’en lasseras/ Louise de Vilmorin

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//« G AC ZE FET J’ai assez aidé et fêté

LEBZIR Et les baisers d’hier

LRULDT Et les ruelles d’été

LEJFMR Elégie éphémère

OWGT Au doux bleu végété »//

En écrivant son Alphabet des aveux , en 1954, Louise de Vilmorin n’aurait jamais pensé que ses devinettes graphiques pourraient faire la joie des fous du portable qui CM via SMS. Au delà de ces jolies trouvailles, ce livre qui réunit deux figures du Paris littéraire et artistique de la première moitié du XXe siècle, Louise de Vilmorin et le peintre Jean Hugo, nous rapproche de l’atmosphère fantasque du Grand Jeu surréaliste. Frivole et intelligente. La poésie comme jeu de l’esprit, le hasard détourné, un lyrisme bien tempéré, comme dans ce poème en vers olorimes : « Etonnamment monotone et lasse/Est ton âme en mon automne, hélas ! » L’élan de la parole coupé par un humour sans pitié, « Pois de senteur en ma demeure/Et sur mon cœur poids de cent heures. » Ou « Je t’enlacerai, tu t’en lasseras » .

Ses « fantaisies » développent à l’infini des réussites où les cartes mots répondent à des sons dans une suite improvisée comme un morceau de jazz. Un dialogue spirituel avec le lecteur s’installe, mais le clown est triste. « De l’étang des demi-remords/Ne tirez pas vos personnages :/ Le soleil en ferait des morts. » Des calligrames savantes ou légères prolongent par un lettrisme délicat la parole dentelée, ronde ou aiguë. En contrepoint, Jean Hugo dessine des histoires noires touchées par la grâce du mystère. Le rêve appelle les techniques surréalistes du plein et du vide qui font voir loin.

Exquis artisanat, « trobar clos » d’une troubadoure aux commandes de son monde bariolé qu’elle réunissait le dimanche soir à Verrières-le-Buisson autour d’un pot au feu. En sa faveur, ce jugement d’Anne Villelaur : « En une période où la plupart des livres intéressants sont écrits à coup de serpe, l’orfèvrerie acquiert un certain charme » Les Lettres françaises , 1956).

Louise de Vilmorin , illustrations de Jean Hugo, l’Alphabet des Aveux , nouvelle édition augmentée

de onze dessins inédits, Le Promeneur, 16,50 ?

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