Accueil > Politique | Editorial par Clémentine Autain | 30 novembre 2011

L’austérité ou la vie

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« Nous sommes au bout d’un monde et on s’accroche aux
branches
 », déclarait Alain Souchon dans une interview à
l’occasion de la sortie de son nouvel album
. Quel joli résumé
d’un moment historique où l’on sent la bascule. Les certitudes
s’effondrent, l’avenir fait peur, les rouages démocratiques sont
à bout de souffle. Une petite musique, comme un vieux refrain,
s’installe en haut. Sauver le système, coûte que coûte, alors
même que le grippage de la mécanique capitaliste se révèle
au grand jour . Oui, les puissants ont choisi leur voie. Et martèlent
 : la dette, la dette, la dette. La compression des dépenses
publiques et des revenus du plus grand nombre, assortie d’une
capitulation devant les agences de notation, ces chiens de
garde des marchés financiers, c’est pourtant le cercle vicieux de
la récession et la fermeture assurée d’un horizon émancipateur.
Décidément, l’imagination n’est pas au pouvoir. Et le partage
des richesses et des pouvoirs, certainement pas une obsession
des gouvernants. L’austérité ou la vie : l’alternative est posée.

Soit nous empruntons un tout autre chemin pour sortir de la
crise, en renouant avec l’implication populaire et la valeur d’égalité,
soit nous plions devant le besoin du capital de s’accroître
et laissons la main à la finance et à l’oligarchie. L’heure n’est pas
au compromis mais à l’affrontement. Que la social-démocratie
partout en Europe ait choisi l’austérité laisse un goût amer…
Papandréou et Zapatero n’ont pas tenu tête. Hollande s’aligne
sur cette logique, candidat à donner du « sens à la rigueur » promettant
un « zéro déficit » à court terme. Ainsi le brouillage des
identités droite/gauche atteint-il des sommets… Asphyxiant.
Pour la pensée et pour les conditions concrètes d’existence
dans les mois et années qui viennent. Les Indignés ne s’y retrouvent
pas et ils ont raison. Les lignes de fracture bougent, les
recompositions sont à l’oeuvre, l’expérimentation aussi même si
elle émerge insuffisamment. L’incertitude et le doute ne doivent
pas l’emporter sur la détermination et l’action. Une brèche s’est
ouverte, il faut s’y engouffrer. L’enjeu ? Construire des majorités
pour inverser le cours de l’histoire, empêcher le repli et la
conservation de s’imposer, et renouer avec le principe espérance.
Ni plus ni moins.

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