Accueil > Politique | Analyse par Benoît Borrits, Clémentine Autain | 17 novembre 2011

L’austérité, un horizon indépassable ?

Du PS à l’UMP, l’austérité
comme remède à la crise
s’impose telle une fatalité.
Analyse.

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2012 : la course de la présidentielle
est lancée. Il
y a les programmes, leur
contenu plus ou moins radical,
leur créativité plus ou
moins grande, et il y a ce
qui donnera le la. La question
des marges de manœuvre
dans un monde
globalisé, du pouvoir démocratique
face aux diktats
des marchés financiers
sera déterminante.

Le 17 octobre dernier,
l’agence de notation Moody’s
a placé la France sous
surveillance. En début de
campagne présidentielle,
le signal des marchés
donné aux Français et aux
candidats est clair : réduisez
vos dépenses publiques.
Ce message est reçu cinq
sur cinq par le gouvernement.
Valérie Pécresse s’est
félicitée d’obtenir pour la
première fois un budget de
l’État en baisse en valeur
absolue. Le candidat du
PS n’est pas en reste. François
Hollande s’est engagé
à ramener le déficit public
de la France à 3 % du PIB
en 2013, contre 5,7 % fin
2011 – objectif également
affiché par Nicolas Sarkozy
– avec pour horizon « zéro
déficit » en 2017. Selon Michel
Sapin, ancien ministre
socialiste qui pourrait revenir
à Bercy si Hollande
gagnait la présidentielle :
«  Il faut être sérieux sur les
dépenses : augmenter certaines
d’entre elles, comme
celles en faveur de l’éducation,
qui contribuent d’ailleurs
à la compétitivité et
à la croissance, et en baisser
d’autres.
 » Seules celles
qui contribuent à la croissance
seraient privilégiées
et au diable les besoins
sociaux. En dépit de valeurs
et de traditions politiques
contraires, les deux
« grands » candidats de
l’UMP et du PS se retrouvent
dans ce parti pris cardinal
sur l’austérité : ni l’un ni
l’autre ne propose d’inversion
de logique.

L’exemple grec nous
montre qu’un plan de rigueur
extrême, officiellement
destiné à éviter le défaut
de paiement aboutit… au
défaut de paiement. Trois
plans successifs ont réduit
les revenus des retraités et
des fonctionnaires de 16 %
et ont renchéri les produits
de consommation par une
hausse de la TVA de 17 à
21 %. Cela a provoqué une
baisse du PIB de 11 %, obérant
du même coup les rentrées
fiscales et accentuant
l’endettement du pays. Un
cercle vicieux mortifère. À
gauche, bien à gauche,
il se dit avec raison que
l’austérité n’est pas une
fatalité et qu’il est urgent
de (re) trouver le chemin
du progrès humain.

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