Accueil > Résistances | Reportage par Mathilde Goanec | 14 novembre 2012

L’Europe de la rue se manifeste

La journée de mobilisation européenne contre l’austérité a essaimé dans près de 23 pays d’Europe mercredi, à l’appel de plus de 40 organisations syndicales et quelques partis politiques. Espagne et Portugal ont également mené, comme prévu, une grève générale ibérique conjointe, exhortant leurs gouvernements à prendre la mesure de la casse sociale provoquée par les politiques de rigueur.

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« Dans certains pays, l’exaspération atteint son comble. Des solutions urgentes doivent être prises pour relancer l’économie et non l’asphyxier par l’austérité. » Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, a résumé le sentiment générale de cette mobilisation d’ampleur européenne. Un peu partout sur le continent, salariés, mais aussi étudiants, chômeurs et militants politiques ont rappelé aux gouvernements nationaux et à la Commission européenne les taux de chômage faramineux qui grippent actuellement la zone euro, et dénoncé l’impact des coupes budgétaires sur le climat social.

Le sud à la pointe

Avions au sol, trains et métro stoppés, bateaux à quai... Le Portugal et l’Espagne ont été le fer de lance de cette journée. Pour cette grève générale simultanée, des piquets ont été installés devant les commerces, les entreprises, les gares ou encore les services sociaux. Alors qu’un quart des actifs sont au chômage, syndicats et Indignés espagnols ont crié leur colère dans la plupart des grandes villes du pays et certains députés de l’opposition ont également soutenu les manifestants au sein du parlement. Dans l’après-midi, des affrontements ont eu lieu avec la police et une centaine de personnes auraient été arrêtées. De l’autre côté de la frontière, côté mer, chants et slogans ont résonné dans près de 40 villes du pays. Les portugais ne cachent pas leur exaspération devant l’ampleur des efforts budgétaires passés et à venir. Mais lassitude ou fatigue militante, la mobilisation n’a pas atteint le niveau des manifestations monstres qui ont secoué Lisbonne en septembre dernier.

Au sud toujours, l’Italie a également manifesté et fait grève pendant 4 heures, service minimum oblige. Là aussi, manifestants et police se sont affrontés, parfois violemment, dans les rues de Rome ou de Milan. « A cause du manque de travail, nous sommes en train de mourir, nous sommes plus pauvres et nous avons peur », a déclaré à l’AFP Donata Canta, secrétaire générale de la Cgil, principal syndicat italien, à Turin. En Grèce, usée par deux années de sévère austérité, les manifestations ont eu moins d’ampleur que prévues et l’arrêt de travail a duré trois heures seulement.

Français et belges mobilisés

En France, les deux syndicats majoritaires, CGT et CFDT, défilaient ensemble pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Tout un symbole, alors que le président a rappelé lundi, lors d’une conférence de presse grand format, son objectif de 60 milliards de dépenses publiques en moins. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblés à Paris, et 130 défilés ont été comptabilisé dans tout le pays, à l’appel également de l’Unsa, Solidaires, et FSU. Quelques partis politiques ont appuyé la mobilisation, dont le Front de gauche et Europe-Ecologie les verts.

En Belgique, la radio publique francophone rapporte des perturbations massives dans la circulation des trains en Wallonie, où la grève a été assez bien suivie. Les manifestants bruxellois ont pris pour cible le siège de la Commission européenne mais se sont également rendus devant les ambassades d’Espagne, de Grèce, du Portugal, de Chypre, d’Allemagne et d’Irlande. « Nous voulons une Europe sociale et de la coopération, pas une Europe de la pauvreté et de la concurrence », a souligné Claude Rolin, le secrétaire général de la CSC, principale formation syndicale belge. Certains travailleurs ont également, pour un cortège commun, rejoint la ville voisine de Lille.

Des actions plus symboliques ont eu lieu également à l’Est, en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas ou encore en Pologne.

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