Accueil > Politique | Par | 1er décembre 2006

Le cavalier seul de la LCR

La LCR boude les collectifs unitaires. Alors, accord ou pas ? L’organisation trotskyste tient-elle le monopole de la radicalité ?

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Besancenot sera-t-il candidat au premier tour de la présidentielle en avril 2007 ? Officiellement, la direction de la LCR explique que ce n’est pas sa volonté, que le jeune postier est prêt à retirer sa candidature si un accord est conclu avec les autres forces antilibérales. Le problème est que, au fil des semaines, l’organisation trotskyste est toujours encline à trouver des arguments pour justifier sa conviction que ledit accord est impossible.

En fait, il faut revenir quelques années en arrière pour comprendre ce qui se passe dans la Ligue. Depuis les années 1992-1993, le parti d’Alain Krivine a trouvé une nouvelle jeunesse dans les convulsions du post-soviétisme. Tandis que le PCF avait du mal à « digérer » l’effondrement de l’URSS et des démocraties populaires, la LCR s’immergeait dans les premiers mouvements de résistance à l’air morose ambiant. A partir de 1995, elle bénéficia même d’un regain de combativité sociale, alors que le PCF de Robert Hue s’enfermait dans une participation gouvernementale mal gérée. Pendant quelques années la presse et l’opinion donnèrent ses lettres de noblesse à l’équation « gauche radicale = extrême gauche trotskysante ». Le PCF laissa donc le monopole de la radicalité à l’extrême gauche. Bien plus, après 1998, le refus communiste obstiné de tout « pôle de radicalité » rendit possible l’installation d’un ersatz de convergence à la gauche du PS : l’alliance des deux familles trotskystes rivales, la LCR et Lutte ouvrière. L’apogée de cette alliance s’observa en avril 2002, avec une extrême gauche totalisant quelque 10 % des voix et laminant électoralement le vieil ennemi communiste.

L’image Besancenot

Entre temps, la LCR avait réussi à lancer une image lui permettant de concurrencer « l’icône » d’extrême gauche depuis 1974, la militante inflexible Arlette Laguiller. Olivier Besancenot offrait à l’extrême gauche le double attrait de la continuité d’une radicalité intransigeante et d’un discours nourri d’une certaine modernité. Mais la campagne référendaire de 2005 a rebattu les cartes politiques. Tandis que le PCF trouvait enfin les chemins d’une stratégie politique plus portée à la convergence antilibérale, le succès du « non », le 29 mai 2005, venait rappeler que le discours d’adaptation propre au PS depuis 1983 n’était pas voué éternellement à rester majoritaire. Mais, ce faisant, c’est une autre figure de la radicalité, tout aussi contestataire mais plus constructive, qui revenait sur le devant de la scène.

Les dirigeants de la LCR y ont vu un danger. La perspective d’une alliance électorale à la gauche du PS, incluant le PCF et lorgnant vers les fragments d’une gauche socialiste désorientée par la « blairisation » de leur parti, ne risquait-elle pas de rompre le monopole de la LCR sur la « radicalité » ? La direction de la Ligue décide donc de bouder la mise en place des collectifs unitaires en vue de la présidentielle. Son secret espoir ? Que la démarche de rassemblement n’aille pas jusqu’au bout et que le PCF s’en tienne à une candidature de sa secrétaire nationale. Dans ce face-à-face classique, la LCR pense pouvoir bénéficier de l’essoufflement du PCF et de la popularité du « petit facteur ».

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