Accueil > Société | Par Dorothée Thiénot | 17 mai 2011

Le goût du partage

Les initiatives se multiplient pour donner
envie de manger bien et bon.
Par la mise en commun des savoir faire,
du jardin maraîcher à l’assiette, on
apprend à valoriser les produits tout en se
faisant plaisir.

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« Tout ce qui n’est pas donné est perdu  », alors
ils donnent. C’est ce qu’explique Jeannine Coureau,
la complice du philosophe et grand hédoniste
Michel Onfray à l’Université populaire du
goût d’Argentan (Orne), où les cuistots se succèdent
pour faire découvrir les joies du savoir et
de la graille partagés. L’équipe, enthousiaste et
bénévole, a son jardin et son restaurant de réinsertion,
et propose des conférences sur ce que
ces gourmands d’écrivains (Montaigne, Colette,
Rousseau…) se mettaient sous la dent. L’hédonisme
partagé devient politique. «  Nos “étudiants”
sont des gourmands, dans tous les sens
du terme, des curieux, des amoureux.
 »

En Ardèche, l’initiative « les entretiens bio » dont
la troisième édition s’est tenue à Annonay sur le
thème « La bio dans les étoiles », entend « valoriser
les savoir-faire de grands chefs étoilés qui,
sensibilisés par l’urgence et l’importance d’une
alimentation saine au quotidien, donnent du
sens à leur cuisine et en valorisant des produits
de terroirs, locaux et biologiques
 ».

L’acte de manger – bien – a ceci de particulier
qu’il est souvent un levier vers des améliorations
sociales, du particulier au général : cet élan vers
le bon, aux deux sens du terme, est un moyen
certes d’aborder la question des pratiques alimentaires,
les problèmes de surpoids, mais aussi
un moyen de se retrouver, d’échanger, de se
remettre sur pieds… Ce constat pousse nombre
d’associations militantes du « mangez bio » à
accompagner aussi certains de leurs membres
vers une (ré)appropriation des « bons produits
de chez nous ».

« Paniers solidaires »

Cocagne est un réseau de jardins maraîchers
qui emploie des personnes en difficulté. «  Vous
avez besoin de légumes, ils ont besoin de travail

 », le principe est simple et fournit 20 000 familles.
Mais cette année, douze de ces structures
tentent l’expérience du « panier solidaire »,
pour que des familles qui ne peuvent s’offrir ce
luxe aient accès à des légumes frais, bio, à faible
coût. L’initiative touche 200 foyers et, si elle est
concluante, devrait être généralisée à l’ensemble
du réseau. En parallèle, consciente que le prix
n’est pas le seul frein à une bonne alimentation,
l’association conseille les familles sur la préparation,
la conservation des aliments et leur valeur
nutritionnelle. Elle insiste aussi sur la notion de
partage et de valorisation de soi que produisent
un potager puis un plat réussis. De la terre
jusqu’à l’assiette, on est loin de la caisse automatique
du supermarché.

Cuisiner plus pour manger mieux

Les plats cuisinés et autres pizzas surgelées en
faillite ? Peut-être pas encore mais tout de même,
une tendance vient de s’inverser. Pour la première
fois depuis la Seconde guerre mondiale,
le temps consacré à la préparation des repas a
cessé de baisser… pour très légèrement remonter
avec 48 minutes en moyenne par jour passées à
préparer les repas. La raison avancée ? L’envie
d’une nourriture plus saine et équilibrée.

R.D.

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