Accueil > Economie | Par | 31 mars 2009

Le Medef, régulateur du capitalisme ?

Communiqué Union syndicale Solidaires

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Pendant qu’il signe à l’extérieur des accords de coopération avec différents paradis fiscaux, Eric Woerth, le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction Publique, déterre à l’intérieur un projet que l’on croyait naïvement rangé au rayon des inepties. On en aurait oublié que la « charte des contrôles douaniers » est une commande politique imposée par le Medef. Car à l’heure de la régulation affichée du capitalisme, il s’agit pour le grand patronat de préserver avant tout ses intérêts. Régulation oui, mais pour les autres. Que l’on ne se méprenne pas. Il est parfaitement normal que tout citoyen de ce pays soit informé de l’étendue des pouvoirs de la douane ainsi que de leur interprétation jurisprudentielle. Qu’un seul document rassemble l’ensemble de ces éléments essentiels à la compréhension de l’action de la douane n’a rien de scandaleux, même s’il ne saurait remplacer la lecture des textes réglementaires. Mais informer ne signifie certainement pas toiletter encore moins déformer les dispositions légales. Bref s’instituer législateur à la place du législateur, en complétant les textes d’obligations que celui-ci ou encore le juge se sont jusqu’à présent refusés d’y faire figurer. Les pouvoirs douaniers sont certes exorbitants du droit commun, pour autant les résultats « exceptionnels » tant vantés par Eric Woerth seraient impossibles sans eux. Il y a d’ailleurs plus qu’un paradoxe, presqu’un brin de masochisme, à ce que celui-ci vante en présence du Medef les résultats de la douane en 2008 et une charte dont la vocation essentielle est d’en limiter l’efficacité. Sachant que celui-ci n’a jamais caché vouloir « la peau » de ces pouvoirs et éviter au grand patronat des contrôles pouvant il est vrai troubler quelques douteuses transactions commerciales et financières. En se faisant le relais de cet intérêt particulier, Eric Woerth démontre ainsi son étrange conception de la « régulation » du capitalisme : laisser faire le commerce tout en rognant les pouvoirs des autorités publiques de contrôle. De même que l’on peut craindre que les accords avec les paradis fiscaux ne soient qu’un leurre pour calmer une opinion publique échaudée, prétendre réguler le capitalisme en faisant la morale relève du conte pour enfants. Ce faisant, il oublie la nature essentielle de sa fonction : dans cette période de crise être au service de l’intérêt général, pas satisfaire un lobby patronal aussi puissant soit-il. En prenant le contre-pied de sa mission essentielle, Eric Woerth démontre ainsi qu’il est avant tout le ministre des « contes » public, raconteur d’histoires à endormir debout. Mais pour être socialement utile, la douane a un besoin urgent d’une autre politique.

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