Accueil > Politique | Par Clémentine Autain | 5 juillet 2012

Législatives, et maintenant ?

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Comment le Front de gauche va-t-il
négocier la période post-électorale ?
Le regroupement des forces de la
gauche radicale entre dans une période de
turbulences où il va devoir préciser et même
redéfinir son pacte.

Son premier défi sera de mesurer avec justesse
l’acquis de la séquence électorale présidentielle/
législatives. L’espoir fut si fort avec la candidature
de Jean-Luc Mélenchon que le résultat a pu
apparaître décevant à de nombreux militants
et sympathisants. Diantre ! La force du vote
prétendument utile, le mode de scrutin uninominal
et l’inversion du calendrier électoral n’ont pas
permis une représentation électorale à la hauteur
de ce potentiel de conviction. Le Front de gauche
– et d’autres avec lui – se trouve conforté dans
son exigence de changements démocratiques
pour que nos assemblées soient davantage à
l’image du pays.

Avec la tête refroidie, on peut mesurer la
progression substantielle de la gauche
d’alternative. L’unité des différentes composantes
de la gauche radicale, si éclatée en 2007, a fait la
preuve de son efficacité. Une nouvelle dynamique
politique est née.

Deux enjeux majeurs attendent maintenant le
Front de gauche. La question du positionnement
est en réalité épineuse dans la durée. L’ensemble
des composantes du FG se retrouvent – et ce
n’était pas forcément évident – sur le choix d’une
non participation gouvernementale. C’est un
élément de ciment stratégique non négligeable
entre ces forces. Mais cela ne suffira pas à
dessiner les contours de son utilité. Le Front
de gauche se veut conquérant à l’égard de la
majorité de gauche en place : il lui faudra prouver
son efficacité. Pas seulement comme aiguillon.

La réponse du Front de gauche aux crises que
nous traversons, fondée sur la logique du partage
des richesses et de la démocratie véritable, doit
encore gagner en crédibilité. C’est notamment
sur le refus de l’austérité et l’affirmation
d’une réorientation nécessaire des politiques
européennes que sa voix devra être audible.

Pour ce faire, le FG devrait amplifier son ancrage,
gagner du terrain idéologique, accompagner
les mobilisations sociales, peser politiquement.
Transformer ses formes d’organisation en
inventant une architecture inédite à même
d’intégrer de nouveaux courants politiques et
de faire une place réelle à toutes celles et ceux
qui, individuellement, veulent s’y investir sans
être membre d’un parti est un défi majeur. Cette
tâche difficile semble incontournable si le Front
de gauche veut sortir du seul cartel de partis. S’il
veut renouer avec la dynamique du printemps,
l’audace devra rester l’une de ses marques de
fabrique. Le travail intellectuel, la créativité, le
renouvellement générationnel seront également
à l’agenda. Au total, la clé de son influence
dépendra de sa capacité à se tourner résolument
vers ce qui bouge et innove dans la société.

Portfolio

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