Accueil > Culture | Par Guillaume Chérel | 1er octobre 2005

Lire Houellebecq et mourir...

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Certes, Michel Houellebecq n’a pas besoin de nous pour vendre ses livres, mais comme nous l’avions annoncé à la rentrée (La Possibilité d’une île), et quelque peu « chambré », autant dire ce que nous pensons... du livre. En résumé, comme Stephen King (en toute modestie) à propos de son essai sur H.P. Lovecraft (Contre le monde, contre la vie), qu’il écrivit et publia avant Extension du domaine de la lutte, son premier succès... d’estime, à l’époque (1994). C’est-à-dire qu’on a beau ne pas être d’accord avec sa vision du monde, sa misogynie, ses prises de position réactionnaires (sur l’avortement, entre autres), et j’en passe, nous sommes bel et bien en face d’un très bon écrivain. Une sorte de Louis-Ferdinand Céline, oui, qui aurait lu trop vite Schopenhauer dont il nous rebat les oreilles. Ce n’est ni un génie ni un philosophe mais un bon romancier, un bon écrivain et c’est déjà beaucoup. On ne peut pas passer à côté... Les thématiques qu’il aborde sont d’importance (vieillissement, immortalité, religions, amour, sexe, politique, rapports hommes-femmes). Il dit le monde dans lequel nous vivons avec sa voix. La sienne est froide comme un ordinateur intelligent, mais c’est la sienne. Comme Stephen King, donc, apportant un bémol à son étude critique de Lovecraft, osons affirmer que La Possibilité d’une île est un roman brillant jusqu’à la page 278. Sans trop déflorer l’histoire, le coup de théâtre fait penser à une mauvaise pièce de théâtre et l’auteur semble s’essouffler, sans savoir comment terminer son histoire de secte qui tourne mal. Comme si Houellebecq 24 avait perdu le talent, en cours de récit, de Houellebecq 1. Son clone éloigné. Quant à savoir si son éditeur a bien fait son travail de promo et si son auteur aime les chiens... cela relève de la littérature, comme dirait l’autre... Michel Houellebecq est un triste personnage mais un écrivain on ne peut plus respectable. J’ai dit.

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