Sur le Cours-Julien, à Marseille. Photo: E.R.
Accueil > Culture | Bloc-note par Emmanuel Riondé | 14 janvier 2013

Marseille 2013, c’est (pas trop mal) parti

Depuis samedi, Marseille est capitale européenne de la culture. Ça va durer un an. Et le week-end de lancement a tenu ses promesses. Sans plus mais pas moins.

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Vendredi 11 janvier, 11h au Club Pernod. Le Off tient sa conférence de presse de lancement. Un moment plutôt décontracté, marrant et branché, à l’image de ce que veut et de ce que saura probablement être ce Off. La page d’accueil du nouveau site web est projetée au mur. Le Off a fait rentrer la douzaine de projets retenus (200 ont été déposés) dans des axes de programmation à l’ambivalence subtilement dosée : Mytho city (« Marseille se transforme, Marseille se la raconte grave »), Poubelle la ville (« Marseille est belle, Marseille est laide »), Kalachnik’Off (« Marseille est inégalitaire, Marseille est solidaire ») et Merguez capitale (« Marseille est cosmopolite, Marseille est un village »). Stéphane Sarpaux, qui anime la conférence, rappelle en quelques mots ce qui différencie les approches In et Off de l’année capitale : « Le In a décidé de tabler sur la Mediterranée ; nous ont dit qu’il y a autre chose dans cette ville qu’un horizon bleu, que Marseille a des problèmes et que cela fait partie de la ville. On en parle et donc on ne part pas du même point. » Le calendrier, drôle, et la monnaie officielle, le Gaston, du Off sont distribués aux journalistes présents, une bonne trentaine. Ainsi qu’un des 30 000 sacs poubelles biodégradables frappés du sigle du Off ; une prothèse mamaire est balancée dans la salle ; on parle du programme à venir du festival international du film chiant qui s’annonce alléchant mais aussi d’un spectacle « créé au 104 dans le XIXème à Paris » ; et on regrette l’absence de l’un des responsables actuellement à New York. Avec de telles références, les journalistes parisiens présents ne sont pas dépaysés.

Tout ça se finit gentiment au bar ou sur la terrasse dominant le Vieux Port avec un verre d’alcool jaunâtre à la main. Normal, on est au club Pernod, dernier partenaire en date du Off qui compte aussi la Banque Populaire. Ce qui provoque quelques grincements de dents : jusqu’à quel point peut-on être subversif quand on s’acoquine avec une grosse banque et un gros vendeur de pastaga ? Hein ? Bah, on aura bien l’occasion d’en rediscuter dans l’année.

En attendant, ni Off, ni In, on peut écouter les doutes et la verve de Keny Arkana sur Marseille, cette capitale de la rupture :

Samedi 12 janvier, 19h, Place Bargemon. Un peu plus haut, place Sadi carnot, on fait donner les gabians (traduction : goëlands) à toute volée tandis que quelques types s’énervent à sculpter de la glace. Mais, là, juste à côté de la mairie et du pavillon M, cette construction de bois censée être The point névralgique de la communication vers le grand public de MP2013, les marseillais se sont massés pour participer à la grande clameur. Cloches, sirènes, cris. Quand on est dans la foule, on entend surtout le voisin gueuler, en fait. Et le disjonctage général attendu, censé plonger quelques dizaines de seconde la ville dans le noir avant une ré-illumination, n’est pas vraiment au rendez-vous. Mais bon, ça fonctionne. La Bonne mère s’éclaire en couleurs, des fontaines lumineuses jaillissent du côté de la nouvelle esplanade du Vieux Port, y’a du bruit. La foule est compacte et a visiblement envie de profiter du moment. Des spectacles de rue suivront dans différents endroits durant la nuit. L’ouverture de MP 2013 n’est pas d’une originalité bouleversante mais ce n’est pas un flop. C’est déjà ça.

Dimanche 13 janvier, 10h30, parc Pastré. Dans le grand parc situé à la lisière des calanques, on croise des petits groupes, généralement papa-maman-enfants tous encapuchonnés, un ballon bleu Edf dans la main des marmots, un parapluie dans celle des parents. Ils participent à la carte au 13’Or, une sorte de course d’orientation culturelle à faire sur l’un des 112 parcours tracés dans 20 communes différentes du périmètre de MP2013. Il pleut, le plafond est bas, il fait froid. Ils sont vaillants les marseillais, parfois.

Lundi 14 janvier, dans la presse emballée. "Un week-end de rêve(s)" titre La Marseillaise ; "Du jamais vu depuis la libération", s’enflamme La Provence qui consacre ses 11 premières pages aux évènements du week-end. Selon les organisateurs, entre 400 000 et 500 000 personne se sont déplacées au centre-ville samedi soir pour y participer. Ce matin, la presse locale est unanime : MP2013, c’est bien parti.
Confirmation, ou pas, dans les semaines et les mois à venir : du front de mer à la friche de la Belle de mai, la ville accueille ses premières expositions. Concerts, spectacles et conférences à venir. On y reviendra dans Regards.

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