Accueil > Monde | Bloc-note par Emmanuel Riondé | 15 janvier 2012

Monde arabe, les Beltway bandits à l’assaut de la reconstruction

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Experts en médias, spécialistes en « gestion des subventions »
et autres consultants pointus, à vos marques : en Tunisie et en
Libye, Chemonics International recrute.
Cette « firme spécialisée
dans le développement international basée à Washington DC
 »
est en effet « le grand gagnant du Printemps arabe » comme le
note Maghreb Confidentiel. Selon cette lettre d’info, l’Agence
états-unienne pour le développement international (USAID) a
chargé Chemonics « de conduire son programme d’aide à la
transition
 » en Tunisie et en Libye.

C’est-à-dire de coordonner et mettre en œuvre des projets « visant
à renforcer l’administration publique, promouvoir la croissance
économique et la création d’emplois, bâtir la capacité
locale et la petite infrastructure, et activités similaires
 », résume
le site Tunisieprojet.tn qui s’emballe carrément : « Présente dans
plus de 75 pays, Chemonics International (...) aide les gouvernements,
les entreprises, les groupes de la société civile et les
communautés à promouvoir des changements significatifs afin
que les gens puissent vivre une vie plus saine, plus productive
et plus indépendante.
 » Diable. Que voilà donc le bonheur libéral aux portes de l’été arabe.

Sauf que Chemonics est l’un des champions de ce que l’on appelle
aux États-Unis les Beltway bandits, un terme désignant les
compagnies privées siégeant à proximité des centres de pouvoir
US et dont l’essentiel du business consiste à fournir des services
au gouvernement américain. Le plus célèbre d’entre eux est la
société privée de sécurité Blackwater, toujours à l’œuvre en Irak.
Les Blackwater ne représenteraient cependant que la partie
émergée de l’iceberg… Bien moins visibles et identifiables sont
tous ceux qui, comme Chemonics, interviennent dans le champ
de l’« aide au développement ». Mais dont l’activité réelle évoque
plus « l’efficacité des sociétés de capitaux d’investissement que
la compassion des ONG
 » résumait Newsweek en 2007…

Voilà ce que font les décideurs pendant qu’on angoisse le gogo
avec les barbus : ils se partagent les parts du vrai gâteau, celui
des marchés et de la domination culturelle et médiatique.

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