Accueil > Politique | Par Jean-Baptiste Ferrière | 1er septembre 2008

NPA/Politis. Gauche en chantier. Denis Sieffert : « Une reconstruction s’inscrit dans la durée » (1)

Denis Sieffert s’avoue satisfait de l’appel lancé par l’hebdomadaire politique pour organiser une alternative à gauche. Déjà 10000 signataires. Etat des lieux.

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Où en êtes-vous de l’Appel pour organiser l’alternative à gauche ? Combien avez-vous de signataires ?

Denis Sieffert. On a franchi au début du mois d’août le cap des 10000 signataires. Il y a eu dans les régions un certain nombre de réunions durant le mois de juillet. D’autres sont programmées pour septembre.

Quelle est la prochaine étape ?

D.S. La journée du 11 octobre à Gennevilliers sera en revanche une étape décisive dans le processus enclenché par Politis. Il s’agira de rassembler un certain nombre de signataires venus de toutes les régions en vue d’aboutir à un calendrier à mener. Cet appel est une base pour un grand rendez-vous. L’idée est de créer un pacte pour une durée de deux ans avec l’ensemble des protagonistes : organisations, courants, sensibilités ou tout simplement citoyens et militants. Ce débat ne sera pas tributaire des échéances politiques, même s’il en tient compte et sera impliqué dans les mouvements sociaux et les combats à mener au quotidien. Il faut fournir un effort de convergence politique et culturelle entre les courants antilibéraux et ceux qui prônent la décroissance, par exemple. En attendant, la Fête de l’Humanité est une étape dans le débat. Il y aura, le samedi notamment, une rencontre sur l’état du mouvement syndical et sur l’Appel lui-même. On espère rencontrer un certain nombre de lecteurs et de non-lecteurs qui n’ont pas encore signé l’appel.

Avez-vous réussi à mettre en place un « cadre permanent d’action et de réflexion » pour tous les courants et toutes les sensibilités politiques de la gauche sociale et écologiste ?

D.S. On n’en est pas là pour l’instant. On a réussi la première étape qui est de rassembler 10000 personnes. Le cadre permanent n’existe pas pour l’heure. C’est la journée du 11 octobre qui servira à le mettre en place. Tout est nouveau. On ne s’articule pas sur une échéance politique électorale. L’idée n’est pas d’aboutir à un candidat commun représentant cette large mouvance. On n’a pas face à nous l’ultimatum d’une date. Il s’agit d’un débat sur les idées. C’est un processus de reconstruction qui s’inscrit dans la durée.

Les débats qui se sont tenus jusqu’à présent ont-ils permis l’élaboration d’une véritable offre politique ?

D.S. L’offre politique viendra dans le cours de la discussion. Il faut compter un laps de temps de deux ans pour y parvenir. En tous cas, l’absence d’une véritable offre politique pour toute la gauche écologiste et sociale nous motive. L’idée est donc de la construire. Mais on ne sait pas quelle forme elle aura : parti, mouvement... Il faut renouer pour l’instant le dialogue après l’expérience malheureuse de 2007.

La réduction du temps de travail et l’Europe sont visiblement les thèmes qui ont émergé lors de vos débats. Constituent-ils des points d’ancrages idéologiques susceptibles de réaliser une convergence ?

D.S. Oui, mais pas seulement. Il y a aussi des thématiques qui traitent de l’immigration et de la mondialisation. L’Europe fait figure de point d’ancrage parce que celle qu’on nous propose actuellement est destructrice. Mais il ne faut pas seulement être contre l’Europe libérale qu’on nous propose, mais plancher pour en proposer une autre. Quant au temps de travail, c’est une réponse au « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy, qui est une imposture. Travailler plus oui, mais collectivement. Il est nécessaire de partager le temps de travail au même titre que les richesses.

Quel regard portez-vous sur l’initiative du NPA ?

D.S. L’initiative du NPA s’inscrit dans une autre optique. Ce qui signifie qu’elle n’est pas nécessairement en contradiction avec la nôtre. On ne va pas, avec notre appel, empêcher le NPA de mener sa propre initiative. Notre offre de structuration d’un débat permanent ne prétend faire table rase d’aucune force politique existante. On propose un cadre où toutes ces forces doivent pouvoir débattre et se rapprocher. Le NPA viendra dans ce cadre sans renoncer à sa démarche.

Recueilli par J-B.F.

Paru dans Regards n°54 septembre 2009

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