Accueil > Politique | Par Antoine Châtelain | 1er février 2007

Olivier Besancenot, incarner l’espérance ou déjouer les illusions

En insistant sur le retour possible de la gauche plurielle, la « majo » de la LCR compte bien reproduire en 2007 les mécanismes qui avaient porté en 2002 les organisations trotskistes vers un capital de 10 % de votes.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

La Ligue communiste révolutionnaire aura au moins eu le mérite d’une certaine constance dans ses choix. Elle a boudé la dynamique antilibérale unitaire depuis le printemps 2006, quand s’est lancée la constitution des collectifs. Officiellement, elle l’a fait parce qu’elle redoutait l’ambiguïté, attribuée avant tout au PCF, qui associait selon elle un discours d’apparence radicale et une dépendance persistante à l’égard du Parti socialiste. Le pire, affirmait la majorité de la Ligue, est de semer des illusions, vite déçues par une pratique du type « gauche plurielle ». Si la candidature unique des antilibéraux est un moyen pour aboutir à une « gauche plurielle bis », cela ne vaut même pas la peine de tenter l’aventure... En fait, la direction de la LCR a eu beaucoup de mal à renoncer à ce qui avait fait son succès entre 1998 et 2002. En occupant à l’époque l’espace critique que lui laissait un PCF englué dans la participation gouvernementale, l’extrême gauche trotskisante avait profité du monopole de la radicalité que lui concédait le vieux rival communiste. Renoncer au petit capital de 10 % engrangé en avril 2002 n’avait ainsi rien d’évident. En insistant sur le retour possible de la gauche plurielle, la « majo » de la LCR compte bien reproduire en 2007 les mécanismes qui l’avaient portée en 2002.

Le problème pour elle est que la situation n’est plus la même. Le PS n’est plus au pouvoir mais dans l’opposition, la pratique suivie par le PCF depuis 2004 ne laisse guère de prise au soupçon d’alignement sur le parti dominant à gauche et le désir d’unité antilibérale a pris une consistance politique sans équivalent. Que la minorité de l’organisation trotskiste regroupe environ 40 % des militants et qu’elle ait continué à suivre le processus unitaire engagé au printemps témoigne de l’évolution à l’intérieur de la Ligue communiste révolutionnaire.

Logiques partisanes

Difficile, pour la LCR, de convaincre que son choix de se tenir à l’écart du processus unitaire n’obéissait à aucune logique d’intérêt partisan. Pendant quelques mois, la direction de la LCR et celle du PCF se sont livrées à un face-à-face où chacun utilisait l’autre pour justifier un certain pessimisme sur l’issue du travail unitaire. Le PCF présentera Marie-George Buffet et s’alliera avec le PS ce qui interdit tout accord avec lui, laissait entendre la LCR. La LCR ne veut pas d’une démarche à vocation majoritaire et se contente d’une petite « gauche de la gauche », rétorquaient les dirigeants communistes.

Au total, les communistes ont leur candidate et, à l’heure où nous écrivons, la LCR n’est pas sûre de trouver les 500 signatures nécessaires pour présenter Olivier Besancenot... Si c’était le cas, la Ligue aurait perdu sur toute la ligne. Mais l’obtention des signatures ne suffira pas à retrouver la dynamique favorable de 2002. Les rancœurs contre la LCR ne manquent pas dans l’espace antilibéral et le poids du « vote utile » pourrait être bien plus fort, dans cette frange de l’électorat, qu’il ne le fut le 22 avril 2002.

La « majo » de la Ligue n’a pas manqué de constance ; mais ne risque-t-elle pas de payer cette fois le prix de son obstination ? A.C.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?