Accueil > Culture | Par Julia Moldoveanu | 7 juin 2008

Parler vent et pluie / Xi Du

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Xi Du est né en 1967, dans une Chine où avoir une bibliothèque chez soi est un interdit que peu transgressent. Son père instituteur ne possède donc aucun livre, mais il sait raconter des histoires. Et il y a la nature de ses montagnes qui écoule dans ses veines ses sons, ses parfums, ses lumières et ses ombres. Ce n’est qu’à treize ans que Xi Du lit autre chose que les poèmes de Mao : et il commence par des poètes de la dynastie Tang (618-907) ou Qu Yuan (340-278 av. J-C), un de ses auteurs préférés. Mais il pourra lire aussi Byron, Baudelaire, Mallarmé, Valéry... La nouvelle poésie chinoise se nourrit de ces traductions. Les grands changements du monde sont là, Xi Du vit sa propre langue dans ce monde qu’il s’approprie par tous les sens, jamais sourd au quotidien : « à Tel -Aviv, l’Israélien Yitzhak Rabin/ a été assassiné, son corps usé par l’âge frappé de trois balles successives/ lors d’un rassemblement pour la paix. Je ne peux m’empêcher d’imaginer/ que le jour le plus froid de l’année est arrivé en avance »

Des nouvelles d’une campagne oubliée : « Les fenêtres du village sont fermées./ Cet enfant pauvre/ agonise dans mes mains. »  : au suivi grâcieux de la « source aux papillons » , le poème se fait de pluies sans fin, de rugissement des vents du nord... « Dans la nuit noire, la pluie tombe sur le cœur de la ville/ elle tombe sur les immenses enseignes lumineuses (...) au-dessus du vaste sommeil, la faim veille sur la nuit de la campagne » . La légèreté s’efface dans un constat amer : « Quand je ne peux pas, je deviens couteau/ mon chant est plein d’odeurs de cendres » . L’édition bilingue met face à face des graphismes différents, où la splendeur de la calligraphie chinoise plane en ombre souveraine sur la voix douce du poète.

Julia Moldoveanu

Xi Du , Le chant du vent ou du roseau et autres poèmes , traduits du chinois par Isild Darras, édition bilingue, édition fédérop, Le Pont du Rôle, 24680 Gardonne, 14 e

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