Accueil > N° 5 - Mai 2004 | Par | 1er mai 2004

Paysage syndical à jardiner

Régionales, élections professionnelles, mouvements sociaux : comment ces événements ont-ils modelé le paysage syndical ? Au delà de la recherche de nouvelles marques, un constat commun : le besoin de convergences, d’unité et de projets alternatifs. Par KARINE GANTIN

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Avec la fracassante défaite de la droite aux élections régionales, une France hostile au tout-libéral s’est manifestée. S’est-elle ragaillardie au point de tourner définitivement la page des déceptions et frustrations provoquées par le mouvement des retraites ? Se prépare-t-elle peut-être, face au nouveau dossier de la réforme de la Sécurité sociale, à un troisième tour social sur fond unitaire ? Pour l’anticiper, il faut d’abord revenir sur douze mois qui, depuis le printemps 2003, ont contribué à faire évoluer le paysage syndical français.

Evénement majeur augurant d’une nouvelle période, la sphère syndicale avait subi l’équivalent de plusieurs tremblements de terre lors du mouvement contre la réforme des retraites, il y a un an à peine. La faiblesse des mobilisations dans le secteur privé n’était pas passée inaperçue, malgré la multiplicité des causes qui ont motivé cette moindre implication. Les syndicats de l’Education nationale, eux, s’étaient épuisés à l’excès, de longs mois seuls, alors qu’ils faisaient grève à la fois contre la décentralisation et la réforme des retraites, désespérant d’être soutenus par le reste du mouvement social. Ils en gardent une certaine amertume. Quant à l’unité d’action syndicale décidée dès janvier 2003, elle a volé en éclats au printemps, à lasuite de la signature de l’accord gouvernemental par la CFDT : Chérèque faisant soudain sans prévenir cavalier seul : et du fait des graves accusations de trahison portées par les Sud et leur coordination, le G10-solidaires, contre les autres syndicats et notamment la CGT qui ont souhaité appeler à la grève générale. C’est aussi, dans la foulée du mouvement des retraites, un syndicat qui a éclaté : minée par la signature de l’accord gouvernemental par son secrétaire général, la CFDT a perdu au fil des mois plusieurs dizaines de milliers d’adhérents au moins, une véritable hémorragie de ses forces vives, qui ont abandonné le champ syndical ou rejoint d’autres organisations, CGT, Sud, FSU en premier lieu. Bref, ce mouvement des retraites fut un moment fatidique comme dans une tragédie grecque, quand tout bascule du fait de l’accumulation de crimes familiaux, juste avant que ne se dessine l’acheminement vers une recomposition nouvelle.

Depuis, les épisodes successifs qui ont animé le champ social et les diverses élections professionnelles de ces douze derniers mois ont continué de dessiner un paysage syndical clairement en recherche de nouvelles marques. Mouvements des chômeurs, des intermittents, des chercheurs et, plus récemment, rejet du changement de statut annoncé pour EDF-GDF, grognes d’enseignants, ont porté des revendications d’allure corporatiste de prime abord, mais motivées par l’urgence. Elles ont en réalité esquissé une vision d’ensemble, confirmée par les dernières élections régionales : celle d’une recherche d’alternative sociale face à une politique libérale faite de coupes budgétaires systématiques et de pression constante à la précarisation des travailleurs. Tous ces mouvements ont cependant été marqués par la difficulté de créer des convergences : entre intermittents et chômeurs, par exemple, pourtant liés par l’enjeu de gestion de l’Unedic : ce qui s’est traduit à maintes reprises pour tous par des journées de mobilisation. Finalement, une convergence s’est dessinée entre intermittents, chercheurs, enseignants ainsi qu’organisations hostiles à la fois au tout-sécuritaire version Sarkozy et aux attaques contre le tissu associatif social. Mais elle est d’abord le fait d’un vocable inventé par la presse de « guerre contre l’intelligence », et d’attaques concentrées du gouvernement Raffarin et de la majorité UMP. Ces derniers ont d’ailleurs tenté de profiter de l’occasion pour diviser le mouvement social déjà peu homogène, en opposant aux « intellectuels irresponsables » les travailleurs souffrants de « la France d’en-bas ».

Parallèlement, les élections professionnelles et aux comités d’entreprises, qui ont eu lieu successivement dans plusieurs entreprises du privé (voir tableaux), dans le secteur de la santé, à la SNCF et dans plusieurs corps de fonctionnaires, se sont traduites globalement par un recul de la CFDT, qui paie sa position face au mouvement des retraites, par une progression de la CGT, qui confirme avec succès sa position de première organisation syndicale française, et par une progression des Sud, qui entérine la constitution d’un pôle radical et contestataire à gauche de la CGT.

Enfin, l’année écoulée, c’est aussi, comme pour une forme de répit qui pose pourtant de nouvelles questions sur l’articulation du monde syndical au sein d’un mouvement social plus vaste, le rassemblement altermondialiste massif sur le plateau du Larzac pendant l’été, puis le déroulement à l’automne en France du Forum social européen (FSE) de 2003. Ces deux événements ont permis des rassemblements convergents et festifs des militants, et plus globalement celui des luttes récentes ou en cours autour d’un paradigme anti-libéral commun. Fait notable, alors que les syndicalistes de la CGT, du G10-Solidaires ou de la FSU ont participé massivement à l’organisation et aux réunions du FSE, en marge de ce dernier s’est également tenu un forum syndical européen auquel participaient à peu près tous les syndicats français, avec François Chérèque lui-même dans le rôle de l’orateur désigné pour introduire cette journée de travail consacrée, fort diplomatiquement, aux solidarités des syndicats européens avec le reste du monde.

Les élections de mars ont aidé les Français à prendre leur revanche sur le deuxième tour de la présidentielle 2002, qui avait contraint bon gré mal gré la vaste majorité d’entre eux à voter pour Jacques Chirac. Pour l’ensemble des syndicalistes, le résultat de ces élections appelle aussi à des mobilisations renouvelées contre le tout-libéral et le démantèlement de l’Etat so-cial. Il reste à savoir à quoi sauront ressembler les mobilisations ultérieures. Hélas, plusieurs indices ne préjugent guère d’une mobilisation audacieuse, comme les deux journées organisées à l’initiative de la CES par exemple, qui ne virent guère défiler que quelques dizaines de milliers de participants dans les rues françaises, tandis que nos voisins italiens et allemands défilaient par centaines de milliers. Mais la poursuite sans grande inflexion de la politique économique et sociale de l’UMP, et tout particulièrement la réforme qui s’annonce sur la Sécurité sociale, pourraient changer la donne : elle concerne autant le privé que le public, et touche directement à la fois le pouvoir d’achat des Français et un enjeu symbolique fort. L’enjeu pourrait donc justifier le « passage à l’acte ». Parce que, comme le dit la CGT dans sa campagne de mobilisation commencée, « la sécu, c’est vital ».

K.G.

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

Avec les interventions de Pierre Khalfa, animateur du GROUPE DES 10-Solidaires, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, François Desanti, responsable de la CGT-chômeurs.

Sur le résultat des élections régionales de mars et sur les conséquences à en tirer pour elles-mêmes, les analyses des grandes organisations syndicales françaises convergent et se complètent. Pierre Khalfa, animateur du G10-Solidaires qui regroupe notamment les syndicats Sud, se félicite d’emblée : les résultats des régionales, qui ont donné 21 régions à la gauche, établissent les conditions d’une meilleure mobilisation à l’avenir. « C’est le résultat des mobilisations passées, intermittents, chercheurs, chômeurs, analyse-t-il. C’est à la fois le produit des mobilisations sociales et la confirmation d’un tournant antilibéral qui perdure depuis plusieurs années. » Mais il reste prudent. Pour lui, certes, « il est difficile de prévoir néanmoins les mobilisations futures, par nature imprévisibles. Mais si le gouvernement s’entête dans de nouvelles mesures régressives dans divers dossiers concernant plusieurs catégories de population, alors je m’attends à une convergence renforcée des préoccupations des Français face à la politique libérale de la droite ».

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, fédération essentiellement présente dans l’Education nationale, analyse également le résultat des élections comme le rejet d’une politique fondée sur l’option libérale, et plus précisément l’expression du souci causé par la remise en cause gouvernementale à la fois des services publics et de certaines solidarités comme les retraites : « les Français n’ont bien sûr pas voté à cause des luttes des derniers mois mais les deux phénomènes convergent. C’est pourquoi le mouvement syndical a la responsabilité de se montrer exigeant afin d’obtenir des réponses aux revendications des salariés. Ce vote massif des régionales contre la droite est un appel à plus d’unité de notre part... »

Pour Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT en charge des questions économiques, le résultat des régionales confirme de même le besoin d’interventions convergentes des syndicats, voire d’unité des organisations syndicales : « le vote de mars implique une grande responsabilité des organisations syndicales, dit-il. Car si ce vote témoigne d’un rejet critique d’un certain nombre de choix gouvernementaux, il n’implique pas pour autant la remise en selle évidente de la gauche : il y a rejet de la politique gouvernementale sans alternatives politiques construites. Les syndicats doivent donc ici jouer tout leur rôle et contribuer à construire des réponses concrètes. C’est notamment le rôle des confédérations. » Le responsable CGT, qui s’inquiète par ailleurs de la confirmation de l’implantation nationale du FN, voit également dans la baisse de l’abstention un encouragement à l’action syndicale telle qu’il la souhaite : cette « mobilisation citoyenne » montre en effet selon lui qu’il n’y a pas dépolitisation de la société comme on l’a pourtant parfois annoncé.

Le mouvement des chômeurs

François Desanti, responsable de la CGT-chômeurs, lui, a des raisons encore plus évidentes de se réjouir du résultat des élections : « elles sont une gifle aux sortants, reboutés sur la question sociale : souvenir de la réforme des retraites et du hold-up sur l’assurance-chômage, crainte de la réforme à venir sur l’assurance maladie... C’est aussi une contestation évidente de la liberté donnée aux entreprises privées de licencier même quand elles sont en bonne santé. C’est enfin une sanction de l’intrusion de la précarité dans les entreprises privées comme publiques, que va renforcer bientôt encore le projet de réforme de la Sécurité sociale. Les gens ne peuvent plus faire de projets : jeunes ou vieux, hommes ou femmes, Français et immigrés. Mais ces élections, et surtout la déclaration de Chirac qui s’en est suivie, consacrent en outre le problème des chômeurs comme une question clé de la société française. Nous autres, mouvements de chômeurs, mon syndicat CGT et les trois autres associations existantes (AC ! contre le chômage, APEIS, MNCP), considérons le recul du pouvoir en place sur l’ASS comme notre victoire, c’est le fruit de nos mobilisations. Cela nous encourage à poursuivre et à nous mobiliser sur le dossier des recalculés ». Dossier pour lequel les chômeurs ont obtenu voilà peu une importante victoire judiciaire à Marseille. Mais, rappelle Desanti, « tout ne sera pas judiciaire. Et si nous réservons une oreille à la justice, l’autre reste tendue vers le gouvernement. Bien sûr, l’action en justice pour faire valoir nos droits contre les Assedic a des allures spectaculaires, mais la logique du conflit social, contre gouvernement et Medef réunis, pour nous prédomine. » Là encore, la bataille sera syndicale. « Nous n’oublions pas que le PARE, que nous contestons, a été agréé par le gouvernement Jospin », insiste le responsable syndical.

Tirant les conséquences des élections de mars à l’orée des batailles à venir autour de la réforme de l’assurance-maladie, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a appelé à un sommet syndical des secrétaires généraux des cinq centrales historiques dites « représentatives » (CGT, CFDT, FO, CGC, CFTC), invitant en outre l’UNSA et la FSU. « C’est une proposition forte, commente Jean-Christophe Le Duigou. Déjà, dans la bataille pour les retraites, la CGT avait fait prédominer aussi loin que possible cet esprit unitaire. Face aux attaques en cours contre la santé, l’évolution du code du travail, la privatisation des services publics, nous avons besoin de travailler en convergence pour réussir à peser. Et même si, finalement, en avril ne se sont réunies que la CGT avec l’UNSA et la FSU (nos partenaires à la fin du mouvement des retraites, soit dit en passant), nous n’abandonnons pas l’objectif de mobilisation plus large. » La CFDT, qui avait donné son accord de principe à un tel sommet, posait néanmoins en préalable la condition d’une réunion en tête-à-tête avec la CGT, ce que celle-ci a refusé, « par respect pour les autres partenaires », expose Le Duigou. La CFDT a donc finalement renoncé à participer, et son refus a entraîné avec elle celui de la CGC et de la CFTC, pourtant également d’accord a priori pour une telle rencontre. Quant à l’habituel cavalier seul Force ouvrière, malgré un nouveau secrétaire général en la personne Jean-Claude Mailly et l’intérêt que l’ancienne organisation de Marc Blondel pouvait avoir à coopérer sur le terrain de la Sécurité sociale pour y regagner le terrain perdu par elle ces dernières années, elle a préféré, comme à son accoutumée, consacrer son identité « à part » en déclinant l’invitation.

« La CGT joue le jeu de l’unité de manière particulièrement satisfaisante », se réjouit Gérard Aschieri de la FSU, même si, malgré des relations sur le plan local, la CGT refuse de nouer des relations avec le G10-Solidaires sur le plan national. « Il y a une double raison à cela, explique Jean-Christophe Le Duigou pour la CGT. D’abord, la campagne menée contre nous depuis juin 2003 visant à nous faire porter « l’échec du mouvement des retraites » malgré ce qu’ont été les efforts de la CGT pour unir public et privé dans un même mouvement, a été très mal vécue par nous et ne correspond pas à notre conception du travail en commun, fait de décisions collectives à assumer collectivement. Ensuite, le G10 reste ambigu sur son propre statut confédéral, ce qui complique la donne. Or, la CGT ressent avec acuité dans la période actuelle le besoin d’un niveau interprofessionnel pour faire le lien entre les luttes : un de nos objectifs majeurs est de surmonter le risque du corporatisme en remplissant, de tous nos efforts, l’ensemble de l’espace intermédiaire entre les luttes locales ou sectorielles, d’une part, et une conception idéologique antilibérale globale d’autre part, qui à elle seule ne suffit pas à faire du syndicalisme une force de contre-propositions efficace. En complément des luttes catégorielles actuelles, dont la demande chaque fois pressante de réponse à des problèmes précis est à la fois la force et la limite, nous estimons fondamental que soient élaborées des stratégies confédérales à l’échelon national. »

FREINS ET ESPOIRS

L’unité, donc, est loin d’être faite, ainsi qu’en témoigne encore Gérard Aschieri sur un autre point : « L’unité syndicale nécessite encore un gros travail. Nous nous connaissons mal, et les questions réciproques parfois basiques sur nos engagements respectifs lors de nos réunions communes l’attestent. Cette méconnaissance les uns des autres s’explique de deux manières au moins : non seulement nous ne travaillons guère ensemble, mais nous nous ignorons largement. Bien sûr, il y a les difficultés idéologiques. Et la différence entre le pays réel et le pays légal, bref la représentativité numérique réelle de nos organisations en termes de nombre de militants, n’arrange rien... »

Pierre Khalfa, du G10, confirme les difficultés d’une démarche collective : « Le mouvement social aujourd’hui est très hétérogène : d’origines, d’horizons, de préoccupations, en tout, il accuse une forte diversité. Mais des mobilisations communes sont pourtant bel et bien possibles face aux politiques d’ensemble néolibérales actuelles, qui s’attaquent à un compromis social lui-même considéré comme fondamental par la société française. Des initiatives récentes comme celle du KO social visaient déjà ces convergences, même si l’effet est resté limité. » Il développe les ambitions du G10 : « nous souhaitons aujourd’hui construire des processus de mobilisation unitaires sur des initiatives concrètes. Si le gouvernement s’entête dans une remise en cause frontale de ce compromis social, la situation sera en effet difficile sans cadre syndical unitaire. Sur ce point, les choses sont en train d’évoluer, mais lentement. La réforme de l’assurance maladie, dans cette perspective, sera pour nous tous un dossier central. » Pierre Khalfa tient à rappeler par ailleurs que le dossier des retraites n’est pas clos pour autant, et que la bataille pour leur sauvegarde n’est pas finie. D’ailleurs, analyse-t-il, « le mouvement des retraites était un échec relatif seulement, dans la mesure où le gouvernement n’a pas réussi à convaincre l’opinion du bien-fondé de sa réforme. Le mouvement n’a pas été balayé. »

François Desanti, de la CGT-chômeurs, atypique, se veut fort d’une expérience réussie de coordination avec les autres associations de chômeurs, « une unité sur des dossiers concrets mais qui sent la colle forte », sourit-il. C’est en partie pourquoi, sans doute, il demeure optimiste sur les perspectives d’une unité syndicale plus générale, même s’il dit rester attentif à la place que les grandes organisations syndicales laisseront de fait parmi elles aux mouvements de chômeurs. « Mais, pour réussir à lancer la machine de la mobilisation, il faut à mon sens que le mouvement social gagne au moins une bataille sur un enjeu symbolique : un succès politique sur le dossier de la Sécurité sociale, ou sur la privatisation d’EDF, ou sur les recalculés redonnerait confiance aux gens et nous est de ce fait nécessaire pour poursuivre dans de bonnes conditions... Déjà, la déclaration de Chirac reculant sur l’ASS après les élections régionales a été vécue comme un espoir par beaucoup, pas seulement par les chômeurs. »

« Bien qu’on ne soit pas devenu la huitième confédération syndicale française, nous sommes capables demain d’en mettre encore dans la rue et dans la grève », renchérit Gérard Aschieri pour la FSU.

« Nous représentons une partie des salariés français avec laquelle il faut compter. Mais si les personnels de l’Education nationale sont prêts pour demain se battre sur des enjeux liés à l’enseignement, ils sont d’abord intéressés par des mobilisations interprofessionnelles avec d’autres syndicats. Ils ne voudront sans doute pas recommencer à se lancer seuls pendant des mois dans la bataille sans être suivis. C’est d’ailleurs pourquoi les dirigeants de notre fédération, d’abord implantée dans l’enseignement, se sentent naturellement partie prenante d’une démarche unitaire. » Pour le 1er mai, à Paris déjà, CGT, UNSA, FSU et G10 ont lancé un appel commun à la grande manifestation traditionnelle. Une sorte de test de l’état des troupes avant de plus grandes bagarres.

K.G.

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