Accueil > Culture | Par Julia Moldoveanu | 1er mars 2004

Paysie/ Chants & complaintes du polygone, antologie thématique de la poésie algérienne d’expression française

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Kateb Yacine, Si Mohand, Jean Amrouche, Djamal Amrani, Tahar Djaout, Matoub Lounès, Youcef Sebti, Bachir Hadj Ali... : cette anthologie est d’abord une reconstruction par la parole du cercle des poètes disparus. D’autres, aussi, vivants, les rencontrent...

L’« anthologie thématique de la poésie algérienne d’expression française » est une lecture faite par Mohamed Younsi, poète et journaliste né en Kabylie. Elle traverse « les fractures politiques et sociales de 1980 à nos jours » . Comment être poète dans le « polygone » ensanglanté, où le haro a été jeté contre l’idée d’art, de beauté, de liberté ? Vivre dans l’urgence. Dire et plaire. « La Révolution et la Poésie sont une seule et même chose » , concrétise Tahar Djaout. La parole est l’arme la plus forte, car elle ne peut pas être effacée... Survolté et tenace, l « Awal »  : le verbe : parcourt des territoires interdits : « Paysie/ contrée de nul exil et de liberté/ Où l’on a mis un terme à l’errance/ où siègent les poètes sur le trône d’airain/ De la parole désentravée et recouvrée/Face à la morgue de l’inertie et de la/ « parésie » » (Mohamed Younsi, Paysie, p. 201). On y tue les poètes et on s’y habitue. Une sorte de sacrifice.

Le verbe retrouve ses rythmes premiers en musique, la musique déchirure, la musique danger, la musique-mort. Fable-sable du désert, civilité en villes ensanglantées, retour érudit parmi des poètes maudits : Baudelaire, en figure tragique à la proue : l’amour, le cri, la colère : « Désormais/vos balles ne font plus peur/et je vais à l’ombre de vos mitraillades/bouffer ma colère végétale » (Tahar Djaout, Colère végétale, p. 48).

Cet exil dans la langue des poètes kabyles... Leurs errances sans rancune : « Ma nuit remue de mots français, malgré les morts réveillés... Ces mots, j’ai cru pouvoir les saisir en colombes, malgré les corbeaux des charniers » (Assia Djebbar, p. 177). Le visage splendide de la diversité, car ce recueil « collectif » révèle l’unicité inconditionnelle de chaque écriture.

//Chants & complaintes du polygone.

Anthologie thématique de la poésie algérienne d’expression française à travers les fractures

politiques et sociales de 1980 à nos jours//, présentée par Mohamed Younsi, Ecrits des Forges,

le dé bleu, 19,50 ?

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