Accueil > Monde | Par Benoît Borrits | 26 septembre 2012

Portugal : premier recul de l’austérité

Le gouvernement portugais a décidé une augmentation des cotisations sociales salariales simultanée à une baisse des cotisations patronales : un transfert direct de 2 milliards de la poche des salariés vers les patrons. Organisées à l’aide des réseaux sociaux, des manifestations ont eu lieu dans tout le pays, obligeant le gouvernement à revenir sur cette mesure.

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Suite à un arrêté de la Cour constitutionnelle interdisant la suppression des 13ème et 14ème mois de salaires des fonctionnaires, le gouvernement de centre-droit de Pedro Passos Coelho a décidé le 7 septembre d’augmenter les cotisations sociales salariales de 11 à 18% tout en réduisant les cotisations patronales de 23,75% à 18% : moins à payer pour les entreprises et des baisses immédiates de salaires pour tous. Du jamais vu au point que cette mesure a valu au Premier ministre le surnom de « Robin des bois des riches ».

Samedi 15 septembre, une manifestation contre l’austérité organisée à l’aide des réseaux sociaux a rassemblé à Lisbonne plusieurs centaines de milliers de personnes de différentes générations. Des rassemblements similaires ont eu lieu dans tout le pays à Aveiro, Braga, Bragança, Coimbra, Evora, Faro, Funchal, Leiria, Pombal, Porto et Viseu. « Voleurs, voleurs... », « Le peuple est fatigué d’être volé et humilié », « Troïka et gouvernement, dégagez ! » ont scandé les manifestants.

Une semaine après, samedi 22 à midi, alors que le Conseil d’Etat était réuni, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant la présidence et y sont restées jusqu’à la fin des délibérations pour clamer leur mécontentement. « La voix appartient au peuple. Nous sommes le Conseil » et « Ils sont une demi-douzaine, nous sommes des millions » étaient les mots d’ordre les plus populaires. La célèbre chanson « Acordai », de José Gomes Ferreira et Fernando Lopes-Graça, symbole des prisonniers politiques avant la révolution du 25 avril 1974, a été entonnée par la foule.

Le gouvernement a été forcé de battre en retraite en annonçant l’abandon de la mesure tout en déclarant rechercher des « alternatives », le tout sur fond de fortes dissensions entre le Parti social-démocrate (PSD) de M. Passos Coelho et le parti conservateur (CDS-PP) du ministre des Affaires étrangères, Paulo Portas, partisan d’une révision des mesures.

C’est la première fois qu’un gouvernement européen recule sous la pression de la rue. L’ampleur de la contestation a surpris la classe politique et pris de court les syndicats. Dans un contexte de baisse de 3% du PIB au deuxième semestre et d’un taux de chômage ayant dépassé les 15%, la principale centrale, la CGTP, annonce un grand rassemblement à Lisbonne le 29 septembre.

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