Accueil > Monde | Par Jean-Baptiste Ferrière | 16 juin 2008

Référendum irlandais : le peuple rejette le traité de Lisbonne

Selon les résultats définitifs officiels, les Irlandais ont rejeté le traité européen de Lisbonne avec 53,4 % de « non » contre 46,6 % de « oui ». Malgré cet échec cuisant pour l’UE, Bruxelles appelle à poursuivre le processus de ratification.

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Quelque trois millions d’électeurs étaient appelés à voter, jeudi dernier, pour cet unique référendum tenu sur le traité de Lisbonne dans un pays européen. Un texte signé en décembre 2007 établissant les principes et les mécanismes de fonctionnement de l’Union européenne. Les 26 autres Etats membres avaient opté pour une ratification parlementaire, ce que 18 capitales ont déjà fait. Au total, le « non » au traité de Lisbonne l’a emporté dans 33 des 43 circonscriptions irlandaises avec 53,4 % des suffrages et un taux de participation avoisinant les 50 %. Cette faible participation a d’ailleurs été citée comme l’une des raisons de la défaite du « oui ». La dégradation de la situation économique et le rejet d’une Europe libérale ont aussi marqué la campagne référendaire.

Le traité de Lisbonne serait-il mort ? Bruxelles ne l’entend pas de cette oreille et affirme qu’il faut continuer le processus de ratification. L’UE tenterait-elle d’atténuer la portée de ce vote ? Car pour entrer en vigueur en janvier 2009, le traité devait être adopté dans l’ensemble des 27 pays de l’UE. En attendant, les ministres des Affaires étrangères des 27 pays doivent se retrouver aujourd’hui à Luxembourg, à la veille du sommet de Bruxelles prévu les 19 et 20 juin. Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet a annoncé que les membres de l’UE devront voir « quel arrangement juridique trouver » face à ce rejet franc et massif. Il a exclu le départ de l’Irlande de l’UE, tout comme il a écarté l’idée d’un nouveau traité. Toujours est-il que cet échec constitue un revers personnel pour Nicolas Sarkozy, initiateur du texte, qui doit occuper la présidence de l’UE à partir du 1er juillet. Un examen de conscience s’imposera alors pour les dirigeants européens.

« Dans son fondement libéral, l’Europe est dans l’impasse, explique Yves Salesse, président d’honneur de la Fondation Copernic. Elle ne correspond pas aux aspirations des peuples qui souhaitent une Europe de la solidarité et non une Europe de la concurrence. Si l’on respecte le droit applicable aujourd’hui, ce traité est mort. La poursuite de la ratification ne changera rien au fond du problème ». Pour Jean-Marie Harribey, co-président d’Attac France, « le résultat du référendum en Irlande doit être l’occasion d’un grand débat public sur la construction européenne ». Et d’ajouter : « Nous appelons à ce qu’une assemblée élue à cet effet élabore un traité soumis à référendum dans chaque pays de l’UE, ce qui permettrait d’associer les citoyens, les parlements nationaux aussi, à l’élaboration d’un vrai traité démocratique ».

Entretiens audio :

Pour écouter l’interview de Jean-Marie Harribey, co-président d’Attac France , cliquer sur

MP3 - 3.9 Mo

Pour écouter l’interview d’Yves Salesse, président d’honneur de la Fondation Copernic , cliquer sur

MP3 - 10 Mo

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