Accueil > Société | Par Dominique Vidal | 22 mars 2012

Responsabilités

Le journaliste et historien Dominique Vidal réagit aux actes fous et meurtriers de Mohamed Merah, tué jeudi par les policiers du Raid à Toulouse (texte écrit avant la mort de Mohamed Merah).

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Trois soldats d’origine maghrébine, un professeur et trois enfants juifs : le tueur a frappé sept fois, de sang-froid, sans la moindre pitié.
Les psychiatres nous diront sans doute un jour – s’ils tombent d’accord – ce qui l’a amené à cette barbarie, qu’aucune cause au monde ne saurait justifier. La vengeance n’est pas la justice. Le sang n’efface pas le sang. Le deuil ne met pas fin au deuil.

Fou, l’assassin l’était donc assurément. Mais sa folie nous interroge.
Elle interroge d’abord, je le maintiens, les hommes – et la femme – politiques qui, pour grappiller quelques voix, ont caressé les plus mauvais instincts des plus faibles d’entre nous : nous n’oublierons pas les discours des uns et de l’autre sur les Roms, la viande hallal, les civilisations supérieures et autres vomissures...
Elle interroge aussi ceux qui tentent d’exploiter l’horreur de Montauban et de Toulouse à des fins politiciennes. Comment, notamment, ne pas être pris de nausée en lisant tel billet accusant Charles Enderlin d’avoir provoqué les crimes ?

Mais elle interroge aussi chacun entre nous, personnellement et politiquement. Je me suis engagé depuis plus de quarante ans dans le combat pour une paix juste et durable au Proche-Orient. Je persiste et signe, car le peuple palestinien mérite que justice lui soit rendue ; et, ce faisant, le peuple israélien pourra, lui aussi, trouver sa place dans une région apaisée. C’est aussi l’intérêt de la France, de l’Europe et du monde, tant cette région est décisive. Seule la coexistence entre un État palestinien, avec Jérusalem-Est pour capitale, et l’État d’Israël revenu à ses frontières d’avant la guerre de 1967 permettra d’apaiser une région endeuillée depuis plus de six décennies.
Mais, dans le feu de la bataille pour ces principes justes, ai-je, avons-nous été assez attentifs au poison instillé par ceux qui, au nom de la Palestine, distillent la haine du judaïsme et des Juifs comme par ceux qui, au nom d’Israël, sèment celle de l’islam et des musulmans ? Aucune ambiguïté n’est plus tolérable.

Cette horreur qui nous sidère doit constituer un signal d’alarme. À nous tous de l’entendre. Comme Leila Shahid, Michel Warschawski et moi l’avons clamé durant notre « tournée des villes et des banlieues », il y a quelques années, l’idéal pour lequel nous combattons, c’est le taayush : le vivre ensemble, ici et là-bas. Rien n’est plus dangereux pour notre combat que le racisme, qu’il soit anti-juif, anti-arabe islamophobe, anti-Noir ou anti-Rom…

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