Accueil > Monde | Par Marie-Agnès Combesque | 12 octobre 2012

Ryan-Biden, Biden-Ryan : à qui perd gagne

En attendant le prochain débat entre les deux candidats à la présidence, ce sont leurs colistiers qui ont déclenché les hostilités cette nuit.

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Dans une campagne présidentielle qui se joue sur le front de la communication, le débat télévisé relève du duel entre ennemis. Sera déclaré vainqueur celui qui dégainera les piques les plus acerbes et dont l’attitude mettra son opposant en difficulté. C’est à peu près ce qui s’est produit cette nuit dans le débat opposant les numéros deux des tickets républicain et démocrate, respectivement, Paul Ryan et Joe Biden. Unique débat entre les deux hommes, il portait sur les questions d’économie intérieure et de politique internationale avant le deuxième affrontement prévu le 16 octobre entre Obama et Romney sur les mêmes sujets.

Le New York Times admet que dans ce tour de chauffe, Ryan a été décontenancé par l’attitude de Biden volontiers moqueur et un tantinet donneur de leçons du haut de ses 69 ans, de ses 32 années passées au Sénat et de ses 4 ans de vice-présidence. Le Monde pour sa part insiste sur la perception de ce débat par les téléspectateurs, une prestation qui somme toute s’équilibre selon les sondages cités par le quotidien. Et le fond direz-vous ? Quel était-il ?


Difficile de distinguer nettement les opinions des deux bretteurs. Une ou deux escarmouches attendues sur les baisses d’impôts pour la classe moyenne, sur le Medicare (l’assurance sociale des personnes âgées), sur le plan de relance de l’économie selon Obama. Chacun a fait sa petite référence élogieuse à Ronald Reagan ; Biden pour signaler que lui, Reagan, fournissait des données chiffrées au contraire du couple Romney-Ryan qui reste dans un flou artistique sur les niches fiscales bénéficiant aux hauts revenus et qu’il pourrait supprimer. Bref, rien de transcendant et une confirmation si besoin était que les démocrates sont au centre droit de l’échiquier politique.

L’Iran, la Syrie, l’attaque contre l’ambassade des Etats-Unis à Benghazi ont constitué les temps forts des sujets de politique internationale. Là aussi, rien de bien neuf avec toutefois une confirmation : la détestation franche des Républicains pour le gouvernement mondial que représente selon eux l’Organisation des Nations unies dont le rôle a été cité négativement concernant la Syrie et les vetos russes au Conseil de Sécurité.

Pas de questions sociales qui fâchent la société américaine dans ce programme : l’avortement, la peine de mort, l’immigration, l’état carcéral. Pas de questions relevant des droits de l’Homme non plus : aux oubliettes Guantanamo, la guerre contre le terrorisme, le respect des libertés civiles et politiques, l’islamophobie. Tout sujet sur lesquelles les différences de vue peuvent apparaître (l’avortement) ou au contraire se fondre dans un même élan patriotard et dominateur. C’est que le duel possède ses règles négociées et millimétrées par les armées de communiquants officiant dans les tranchées de cette campagne. Ryan ne devait pas se mettre à dos les femmes majoritairement en faveur du droit à l’avortement et acquises en masse à Obama car, voyez-vous chers amis lecteurs, c’est encore avec les Démocrates que la société américaine respire le mieux…

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