Accueil > Culture | Par Julia Moldoveanu | 7 avril 2008

salive d’encre/ Andrée Appercelle

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L’été du rosier commence en juin et finit en octobre. Andrée Appercelle crie les mots d’un été de désir et plaisir avec la rage d’une passion illimitée, aux accents d’héroïne de tragédie : « Je meurs de toi/ tout me manque ». « salive d’encre/ sur ma bouche/ les mots coulent/ sur ma brûlure de toi » , la chair des mots, le bonheur parfait des sens, habillé de splendides impudeurs, ne cachent pas une sorte de second plan au parfum de danger indéfini, de peur de la fin, de menace de séparation. Et c’est dans cet espace-là que s’instille le poison de la poésie. Les mots sont posés à fleur de peau, de cette peau noire, infiniment caressée, arrosée de tendresse et de sentirs cannibales : « sentir entre/ mes dents/ ta chair/ la déguster/ la mâcher/ me nourrir/ de ton corps/ jusqu’à/ sa chute/ définitive/ en moi » . Quelle audace, ce petit livre où Eros et Tanathos font la loi...

J.M.

Andrée Appercelle , Soleil noir ta peau (l’Eté d’un rosier) , Le Temps des Cerises, 10e

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