Accueil > Monde | Par Karine Gantin | 1er septembre 2006

Trans Europe Express

Des Forums sociaux européens à la création d’un nouveau Parti de la gauche européenne, en passant par le groupe parlementaire GUE-NGL, le réseau Transform ! et divers réseaux altermondialistes thématiques, l’antilibéralisme se construit aussi à l’échelon européen. Tour d’horizon.

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La dynamique altermondialiste européenne s’est manifestée une fois de plus au printemps 2006 lors du Forum social européen (FSE) d’Athènes (1). Certes, le mouvement social européen est d’abord porté par le contexte(la directive Bolkestein, l’Irak en 2003...). Athènes a confirmé néanmoins que la base sociale et politique des forums s’élargit (mouvements de femmes, syndicats et organisations paysannes, groupes précaires et discriminés, associations politiques), alors même que les grandes ONG (comme Amnesty ou Oxfam...) manquaient à l’appel. Athènes a rassemblé d’abord la gauche de la gauche, à l’instar des FSE précédents. D’autre part, le FSE d’Athènes a été confronté une fois de plus à la difficulté de se saisir des enjeux institutionnels et politiques propres à l’Union , ainsi qu’à la multiplicité des cultures régionales en Europe.

Réseaux thématiques

Le FSE a cependant confirmé l’importance des réseaux thématiques européens regroupant ONG et mouvements travaillant en dehors des grands rassemblements. Un réseau européen constitué d’associations et de syndicats sur la précarité est ainsi en constitution. Son objectif : agir au niveau de l’UE. Un autre réseau consacré aux migrations a par ailleurs vu le jour en Grèce. Autre réseau encore, proche des partis de la gauche transformatrice et impliqué dans la dynamique altermondialiste : Transform ! (2), constitué en 2001 autour des fondations et associations dédiées à la recherche et à la confrontation d’idées telles que Espaces Marx ou la Fondation Copernic en France, la Fondation Rosa Luxembourg en Allemagne...

Gauche unitaire européenne

Incontournable, également, le groupe au Parlement européen Gauche unitaire européenne : Gauche verte nordique (GUE-NGL). Présidé par le communiste français Francis Wurtz, il jouit d’une notoriété par-delà son seul travail à l’intérieur des institutions européennes. Son soutien à de nombreuses initiatives citoyennes à travers l’Europe, son engagement soutenu aux côtés des mouvements sociaux de ces dernières années, lui ont acquis une reconnaissance à gauche et dans les mouvements citoyens.

Le parti de la gauche

Le Parti de la gauche européenne (PGE), quant à lui, se veut un « espace d’échanges et d’initiatives » entre formations progressistes de l’Ouest et de l’Est de l’Europe. Fondé à Rome au printemps 2004, il rassemble près d’une vingtaine de partis membres, dont le Parti communiste français. Le PGE affiche pour ambition de construire une alternative partisane aux politiques libérales conduites par l’UE, dans une alliance avec les mouvements sociaux déclarée comme stratégique : « Nous affirmons que la crise que traverse l’Europe n’a pas de frontières, mais des responsables : les politiques néolibérales décidées par Bruxelles et par les gouvernements nationaux » (Déclaration d’Athènes, novembre 2005). Le parti est dirigé depuis sa création par l’italien Fausto Bertinotti, par ailleurs secrétaire de Rifondazione en Italie et, depuis la défaite de Berlusconi, également président de la Chambre des députés italiens : un symbole de cette ambition de refonder une gauche radicale et transformatrice dans un espace militant européen. Construit comme un « parti de partis », le PGE fonctionne sur le principe du consensus, ce qui ne va pas sans heurts tant ses partis membres sont eux-mêmes mus par des traditions historiques diverses. Aussi peine-t-il encore à trouver ses modes d’action. Encore balbutiant, donc, et en recherche ardue d’une culture commune, le PGE se montre sûr néanmoins de la nécessité de son existence : « créer une force de gauche puissante en Europe pour construire un projet de société alternatif » répondant aux « attentes » des citoyens, comme le soulignait Fausto Bertinotti à Athènes en 2005. Et des enjeux et buts communs sont d’ores et déjà dégagés : une démocratisation des institutions européenne, la lutte contre la directive Bolkestein et pour des services européens de qualité, la recherche d’axes d’initiatives efficaces sur les questions de la précarité, la promotion enfin d’une autre constitution pour l’Europe, « à caractère social, axé sur le développement humain » et susceptible de « rendre l’Europe aux citoyens ». Egalement, la déclaration finale d’Athènes en 2005 revenait avec force sur le besoin d’une « perspective féministe » pour le parti.

Attac et internet

Attac, en revanche, en dépit d’une présence dans les divers pays européens et d’une visibilité importante lors des grandes mobilisations comme celle contre la directive Bolkestein, n’existe pas en tant que tel à l’échelon européen, si ce n’est sous forme de réunions non formalisées de représentants nationaux, sans mandat ni réflexions stratégiques collectives préalables. Un manquement auquel l’absence de convergence entre les structures nationales sur les grands thèmes européens n’est sans doute pas étrangère...

Enfin, de nombreux sites Internet drainent des militants antilibéraux en recherche d’informations proprement européennes ou concernant les autres pays du continent : Indymedia, Bellaciao, Attac, etc. Même si l’information n’y est pas pour autant structurée de manière à répondre suffisamment à ce besoin. Un enjeu, certainement.

1.voir analyse sur www.reseau-ipam.org

2. www.transform-network.org

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