Accueil > Economie | Par Rémi Douat | 1er février 2006

« Un endroit d’où l’on ressort de meilleure humeur qu’en entrant »

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« J’ai toujours voulu faire un travail artistique. Dans la coiffure, la matière première, c’est le cheveu. Je savais dès la troisième ce que je voulais faire, alors j’ai arrêté le collège pour trouver un maître de stage et faire mon apprentissage. J’ai 21 ans et je suis coiffeuse depuis six ans. J’ai été dans le bain tout de suite avec un contrat en alternance que j’ai trouvé sans mal. Puis j’ai enchaîné avec un brevet professionnel, en Eure-et-Loir, pour deux ans de plus. Le mois dernier, j’ai décidé de venir à Paris. J’avais déjà trouvé du boulot avant même d’y avoir mis les pieds. J’ai choisi Bruno, mon nouvel employeur, parce qu’il travaille très bien et qu’il m’a offert pas mal de responsabilités, par exemple la formation d’une apprentie. Avant, je travaillais chez Shampoo, une chaîne de 200 salons. Je faisais vingt clients par jour, c’est énorme, un peu comme du travail à la chaîne. Aujourd’hui je suis à cinq ou six clients par jour, mais ça fait quand même des journées bien remplies : la formation de la stagiaire, les inventaires, les prises de rendez-vous... Cette semaine, par exemple, j’ai travaillé soixante heures. Je gagne 1000 euros par mois.

Après un arrêt au café, indispensable pour commencer la journée, j’arrive au salon. Je dois le nettoyer, allumer la musique et la télé. L’endroit doit être accueillant. Ça fait partie de notre métier. Les clients sont là pour se détendre, il faut que nous leur rendions ce moment agréable. On nous apprend à leur sourire et à bien nous occuper d’eux. Il faut parfois gérer ceux qui vous posent problème. Ceux qui ne sont jamais contents, ceux qui parlent sans cesse, ceux qui vous draguent... Dans ces cas-là, il faut être diplomate. Je le prends en plaisantant, tout en étant ferme, le but c’est quand même de ne pas perdre un client. Mais la plupart du temps, c’est une relation sympathique qui se crée. J’ai un peu l’impression d’aider les gens quand ils passent un bon moment et ressortent avec le sourire. Un jour, je voudrais ouvrir mon propre salon, un endroit très accueillant, un peu futuriste, relaxant et musical. Un endroit d’où l’on ressort de meilleure humeur qu’en entrant. »

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