Accueil > Société | Chronique par Nicolas Kssis | 26 mai 2011

Une assemblée pour tuer le temps

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Chantal Jouanno avait promis
que son passage éphémère
au ministère – elle ne se cache
même plus de songer à devenir
sénatrice de Paris et peut-être
candidate à la Mairie –, serait placé sous le
chapeau vertueux et inoffensif de la « démocratie
participative »
. Faute d’avoir du dur à se
mettre sous la dent – le gros des affaires législatives
concernant le sport est déjà passé ou se
décide loin de sa compétence –, elle
a convoqué, en une belle journée de
mars, l’ensemble du petit monde sportif
(le Comité national olympique et
sportif français - CNOSF, le patronat,
les collectivités territoriales et une
vaporeuse « société civile »).

Les principaux enjeux de cette « Assemblée
du sport » faisaient consensus
(le sport pour tous, un sport sain
et éthique, le sport de haut niveau,
emploi et formation, économie du sport, gouvernance
du sport), ce qui généralement signifie
dans ce genre de raout que rien ne sera réglé.
D’ailleurs la FFF – première fédération française
en nombre de licenciés, sans compter l’impact
populaire du foot – gérait ses affaires de son
côté, en adoptant une réforme qui accorde une
minorité de blocage aux pros.

Dans une tribune intitulée « l’Assemblée du sport
n’est pas l’avenir du sport », des représentants
syndicaux du sport (CGT, Snep-FSU et Sgen-
CFDT) évoquent ce probable décalage entre
promesses et résultat : « Qui pourrait croire que
cette instance pourrait émettre des propositions
crédibles en seulement trois réunions ? Cette
opération, qu’elle soit à usage médiatique d’une
ministre ou au service des seuls intérêts du
CNOSF, à la recherche de partenaires consensuels
sur ses objectifs, est loin des exigences
de l’heure.
 » Le vrai débat du monde sportif
(15,5 millions de licenciés, 250 000 emplois liés
et 34 milliards d’euros de dépense annuelle)
étant en fait plutôt de savoir qui va sortir le carnet
de chèques devant la baisse continue du budget
et les inévitables dramatiques conséquences de
la réforme territoriale.

Signe inquiétant, le Medef a été largement
sollicité pour donner son avis,
voire son onction, à l’ensemble de la
politique sportive, alors que les « entreprises
 » pèsent moins de 10 % de
l’économie générale du sport (mais
pour la première fois, elles dépassent
l’apport de l’Etat), le reste demeurant
majoritairement à la charge des ménages
et des collectivités territoriales.
Adepte du grand écart, Chantal Jouanno a su
allier tout et son contraire dans ses déclarations
et affirmer « que l’argent public doit aller
au sport amateur et pas au sport professionnel,
sauf pour impulser des infrastructures qui participent
à l’aménagement du territoire
 ».

Bref, comme pour l’euro 2016 (qui vient de
recevoir en cadeau une loi sur mesure qui exonère
de toutes les contraintes légales ordinaires
les subventions publiques à la construction et
la rénovation des stades), on encadre avec diligence
le financement du sport associatif au nom
de l’intérêt général et pour ce qui est du sport
business, on vote des dérogations. A quoi bon
se réunir alors ?

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