Accueil > Société | Par | 24 janvier 2008

Une crise insupportable de plus

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Ce qui était prévisible est arrivé. La crise immobilière de l’été 2007 aux États-Unis a dégénéré en crise bancaire et financière dont l’effondrement des valeurs boursières en ce milieu de janvier 2008 est le dernier symptôme. Mais cette crise vient en réalité de plus loin. Elle est le produit de la financiarisation de l’économie capitaliste mondiale, menée tambour battant depuis trois décennies par les politiques néolibérales. Les maîtres du monde qui se réunissent actuellement en conclave du néolibéralisme à Davos peuvent être fiers. N’avaient-ils pas réclamé et obtenu la liberté totale de circuler pour leurs capitaux afin de conduire les restructurations industrielles (fusions, absorptions, délocalisations...) ? N’avaient-ils pas obtenu le feu vert pour créer d’innombrables « innovations » financières en transformant tout produit (matières premières, quotas de carbone...) en titres, c’est-à-dire en objets de spéculation ? N’étaient-ils pas ainsi en mesure de faire réaliser de mirifiques plus-values boursières aux actionnaires, en plus de dividendes augmentant proportionnellement au chômage et à la précarité ?

La crise actuelle est un atterrissage forcé, marqué par l’entrée probable en récession de l’économie des Etats-Unis après la crise du crédit et celle de la Bourse. Une récession sans doute plus difficile à contrecarrer que d’autres, et qui, comme de coutume, sera suivie de perturbations similaires en Europe et dans le reste du monde. Nul n’ignore ce que cela signifie : chômage, pression accrue sur les pouvoirs d’achat et les protections sociales, délocalisations, exportation de capitaux. La nouvelle récession servira de ressort pour de nouveaux ajustements. Dans une économie mondiale où les frontières commerciales et financières ont été ouvertes, chaque nouvelle perturbation contribue à la mise en concurrence des travailleurs du monde entier, avec à la clé la montée des inégalités. Et chaque crise accroît les risques de conflits géopolitiques dans un environnement où institutions financières et fonds souverains se disputent le leadership d’un monde sans autre boussole que la rentabilité financière.

Les propositions d’Attac et du mouvement altermondialiste sont plus que jamais réalistes et urgentes : taxer les opérations financières, interdire les opérations de titrisation, redéfinir le statut et les missions des banques centrales, responsabiliser les États pour qu’ils concluent des accords de coopération au lieu d’accords de libre-échange, rétablir un système monétaire international régulé. Aujourd’hui, l’heure n’est plus à la promotion des valeurs boursières, mais à la priorité des valeurs de la démocratie, de la solidarité, des droits sociaux et de la préservation de la planète, telles qu’elles s’exprimeront le 26 janvier dans le Forum social mondial décentralisé.

Attac France,

Montreuil, le 24 janvier 2008

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?