Accueil > Société | Tribune par Roland Hubert | 5 septembre 2011

Une mobilisation est-elle possible en septembre ?

Roland Hubert, vice-président du Syndicat national des enseignement de second degré- Fédération syndicale unitaire (SNES-FSU) donne les raisons du malaise des enseignants français et appelle à se mobiliser le 27 septembre.

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Le malaise des enseignants est de plus en
plus profond.
La succession des réformes
mal pensées, mal accompagnées, change
profondément le sens du métier et fait
perdre leurs repères aux enseignants.
Les conditions de travail s’alourdissent :
des effectifs en hausse, des classes supplémentaires
à prendre en charge à cause
des diminutions d’heures et le glissement
des missions avec des tâches qui n’ont
plus rien à voir avec l’enseignement.

Il y a aujourd’hui une urgence à revenir
sur la réforme du lycée. Il y a des dynamiques
de résistance, elles existent mais
est-ce qu’elles se transformeront en
dynamiques de lutte nationale ? C’est
toujours difficile à dire. La fin de l’année
à été particulièrement éprouvante, les
enseignants n’en peuvent plus, et la manière
dont se sont déroulées les épreuves
du baccalauréat ont encore rajouté
à l’inquiétude. Tout va dépendre des
conditions de rentrée. Avec la réforme
du lycée, de plus en plus de pouvoirs
sont conférés aux chefs d’établissement,
ils se retrouvent avec la responsabilité
d’aménager, d’organiser la pénurie.
D’un établissement à un autre, les situations
seront très différentes : certaines
pourront être explosives et d’autres se
vivront mieux. Les choses seront très
disparates. Et c’est justement la stratégie
ministérielle. Le ministre le dit de
façon assez crue : il prend les décisions
nationales de suppressions de postes ou
d’heures, mais il s’arrange pour que les
choses soient organisées au niveau local.
Les établissements se débrouillent. Et
cela, ça casse les dynamiques. On sent
que, chez les enseignants, il y a un vrai
refus de tout ce que l’on veut leur imposer,
mais il n’y pas encore forcément le
sentiment qu’on peut gagner. Il faut dire
qu’on est face à un gouvernement qui ne
bouge pas, qui n’écoute pas ; on l’a vu
l’année dernière avec les manifs contre
les retraites. Mais, on reste optimiste, les
mouvements partent très souvent d’une
étincelle, d’un événement inattendu.

L’enseignement est un milieu dans lequel
les choses peuvent se mettre en place
très rapidement. Les profs sont prêts
à repartir, mais ils ont besoin qu’il y ait
une unité forte. De notre côté, on a prévu
des dispositifs pour faire remonter les
moindres problèmes lors de cette rentrée,
dénoncer et alerter l’opinion publique.
Nous voulons montrer les conséquences
pratiques et concrètes de la politique du
gouvernement. C’est le sens de la mobilisation
nationale du 27 septembre, à
l’appel de l’intersyndicale unitaire FSU,
CGT, CFDT et UNSA. Le mot d’ordre ?
L’arrêt des suppressions d’emplois, une
autre logique pour le prochain budget et
une transformation démocratique du système
éducatif afin d’assurer la réussite de
tous les élèves.

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