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Accueil | Editorial par Clémentine Autain | 5 août 2013

Hollande : un an et toutes nos dents

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Sans doute est-ce l’alternance de trop. Un coup à droite, un coup à gauche,
puis à droite, puis à gauche et puis l’on ne sait plus, tant les politiques finissent
par se suivre et se ressembler. À se demander ce que peut encore la politique
pour nos vies, à part les indexer sur le cours de la bourse, vidéosurveillance à
l’appui… En mai dernier, les Français ont chassé Nicolas Sarkozy, sans grand
espoir de changement mais avec soulagement. Un an plus tard, c’est peu dire
que le peuple de gauche n’en a pas pour son vote. Le péché originel de François
Hollande ? La signature avec Angela Merkel du traité concocté par son prédécesseur.

Une capitulation sans combat qui a mis la puce à l’oreille sur le cap
du gouvernement et la France dans les clous de la rigueur. L’affrontement avec
le monde de la finance, mimé un jour de campagne électoral au Bourget, est
d’emblée remisé aux calendes grecques. S’ensuivent la chasse aux Roms et les
cadeaux aux pigeons : la messe est dite. Et pourtant, nous n’avons à l’automne
encore rien vu. Car, en quelques semaines, le gouvernement montre un visage
d’une violence sociale et démocratique inattendue, même par celles et ceux qui
l’attendaient au tournant : l’affaire Cahuzac, le vote de l’ANI et le rejet de l’amnistie
balaient l’esprit public et le minimum syndical d’une orientation de gauche.
L’arrogance du ministre du Budget qui venait faire la leçon de rigueur sur les
plateaux télé et mentait devant l’Assemblée nationale a mis à nu un système
oligarchique profondément néfaste. La reprise par le gouvernement d’un texte
minoritaire chez les salariés, dicté par le Medef et soutenu par la CFDT, a inscrit
dans le droit des régressions sociales inouïes favorisant la précarité, la flexibilité,
les licenciements collectifs. Sarkozy a rêvé de casser davantage le droit du travail.
Hollande le fait. Ou comment voir l’est en ouest. Et le coup de grâce, c’est le
rejet du vote sur l’amnistie sociale. Un projet adopté au Sénat mais rejeté par un
gouvernement qui tourne le dos à sa base historique. Comme si des conquêtes
sociales avaient eu lieu dans l’histoire sans un minimum de contestation, d’affrontement
entre travailleurs et patronat. Comme si les syndicalistes étaient des
voyous et non des défenseurs acharnés des vaincus du système. Ce bilan n’est
en rien une bonne nouvelle. Toute la gauche régresse quand une partie d’entre
elle vire à droite. Reste à savoir non pas si mais quand l’espérance renaîtra à
gauche pour qu’une autre majorité politique, sociale et culturelle donne le la au
service de l’émancipation humaine.

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  • Demain il fera show dans les assemblées citoyennes, çà bout de partout ...

    GUENOT MICHEL Le 6 août 2013 à 20:53
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