Accueil | Par Emmanuel Riondé | 7 décembre 2012

28 minutes, pas les pires de la soirée télé

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On peut avoir une télé et
le soir, vers 20 heures,
vouloir soudain la regarder
sans forcément
sacrifier aux vêpres
des Guignols de Canal
– d’après des avis
pertinents, il paraît que c’était mieux dans
les années 1990, paix à leurs âmes…
Cela peut arriver. Quoi qu’il en soit, il y
a désormais mieux à faire, à cette heurelà,
que de se cogner les grand-messes
cathodiques que sont (pour combien
de temps encore ?) les JT nationaux :
depuis la rentrée de septembre, tous les
soirs à 20 h 05, Arte propose une version
rafraîchie de son magazine 28’pour 28
minutes même si, en vérité, ça dure plus
d’une demi-heure.

Format simple : un invité dans « la Une
du jour » introduit par un bref sujet
résumant les enjeux de la dite Une ;
puis un débat « Grand angle » auxquels
participent deux ou trois autres
invités. Sur cette ossature se greffent
quelques rubriques/chroniques, notamment
un fact-checking intitulé « désintox
 » en partenariat avec Libération et
sa chronique éponyme.

Aux commandes du navire, une Elisabeth
Quin qui mène avec autorité,
dynamisme et ce qu’il faut d’à-propos
sa petite tribu d’intervenants-chroniqueurs.
Les réguliers-quotidiens sont
Renaud Dély (Nouvel Observateur),
Nadia Daam et Juan Gomez (RFI). Le
vendredi, changement de plateau avec
notamment des journalistes de la presse
étrangère, un dessinateur, le chroniqueur
Benjamin Muller.

Sur le fond et le contenu, rien d’exceptionnel.
L’approche des sujets traités
reste assez consensuelle – c’est quand
même de la télé à 20 heures, faut pas
trop en demander non plus, hein… Par
exemple, quand Renaud Dély rappelle
gentiment à tout le monde qu’Israël est
une démocratie, personne ne moufte.
Normal. Ce n’est donc pas l’impertinence
du propos politique qui fait de 28’un
moment de télé possible, mais plutôt la
façon habile dont l’équipe use des procédés
en vigueur aujourd’hui dans ce type
d’émission. Le choix des invités est souvent
pertinent et les débats, parfois vifs
et contradictoires mais avec du respect
et de l’écoute mutuelle, parviennent à
dire des choses (contrairement aux talkshows
à la Ruquier) sans trop se prendre
au sérieux (contrairement aux débats à la
Calvi). C’est rythmé et le téléspectateur
n’est pas pris pour un imbécile. Ce qui,
à cette heure de grande écoute, est déjà
une attention louable.

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